Vous connaissez David Goudreault. Ce poète, romancier et travailleur social est partout dans le paysage médiatique québécois. Cet été, il publie son tout nouveau roman : Traumathys.
Mathys vit en situation d’itinérance. Il y côtoie les autres habitués de la rue, avec toute la diversité de personnalités que ce mode de vie implique. Au fil de ses multiples mésaventures, Mathys s’attire souvent des ennuis, d’autant plus qu’il travaille aussi pour les services secrets canadiens.
Selon moi, il s’agit du meilleur récit de Goudreault. Il entremêle le parcours de Mathys et des bribes historiques teintées de subjectivité, un procédé qui rappelle Ta mort à moi, mais qui s’avère ici beaucoup moins lourd. On prend plaisir aux allers-retours entre le quotidien de Mathys et les coulisses des services secrets. De plus, la toile de fond, soit l’itinérance, la violence, la toxicomanie et les enjeux de santé mentale, est extrêmement pertinente. Les personnages sont crédibles et pourraient tous faire office d’anti-héros ; cet univers riche en nuances est captivant.
On reconnaît d’emblée la patte de l’auteur : les blagues intello-puériles sont omniprésentes. Il faut aimer le genre. Si la formule est souvent efficace, certains passages m’ont semblé plutôt maladroits, notamment en ce qui concerne les surnoms des personnages. Cela reste toutefois un détail auquel on repasse facilement par-dessus pour profiter de l’histoire.
Mais ce qui m’a le plus séduit, c’est sans conteste le personnage principal. Mathys est un narrateur profondément humain, loin de tout cliché. On remet fréquemment en question sa fiabilité, ce qui sert à merveille le récit : dit-il toute la vérité ou est-il en plein épisode maniaque ? Ce doute constant tient réellement en haleine.
Bref, Traumathys est, à mon sens, le meilleur roman de David Goudreault depuis la trilogie de La bête. Si l’on aime son style, on ne pourra qu’apprécier ce nouveau titre.
- Auteur : David Goudreault
- Éditions : Stanké
- Parution : 5 août 2026
- Pages : 392 pages
Crédit photo : Patrice Sirois




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