Myriam Vien est docteure en littérature de l’Université McGill et enseigne à l’Université de Florence. Ce qu’elle publie ce printemps porte sur son sujet de prédilection : les représentations du corps, de la marginalité et des esthétiques du « laid » dans la littérature québécoise.
C’est un sujet fascinant que déploie l’autrice dans cet ouvrage. A-t-on déjà remarqué la place qu’occupe la « laideur » dans nos lettres ? En plongeant dans les textes de figures incontournables de notre littérature comme Nelly Arcan, Victor-Lévy Beaulieu, Laure Conan et Michel Tremblay, Vien explore la manière dont le récit s’empare du disgracieux. Elle analyse finement quels types d’atypismes sont nommés, le sort réservé aux personnages qui incarnent cette catégorie, ainsi que les liens étroits qui unissent la laideur, la langue et le territoire québécois. On comprend rapidement qu’il s’agit d’un ouvrage d’une grande richesse, qui aborde une kyrielle d’angles tous plus pertinents les uns que les autres. Cet essai m’a fait réaliser à quel point ces représentations sont récurrentes et occupent une place singulière dans notre histoire artistique. Il m’a véritablement ouvert les yeux : je ne pourrai plus jamais lire un passage décrivant un physique marginal de la même manière.
En somme, L’obsession de la laideur est un essai exhaustif qui témoigne de l’immense érudition de Myriam Vien. Bien qu’il s’agisse d’un ouvrage spécialisé, il saura sans aucun doute captiver quiconque s’intéresse aux représentations du corps et à l’évolution de notre imaginaire collectif.
- Autrice : Myriam Vien
- Éditions : Nota Bene (coll. Penser avec les mains)
- Parution : 27 mai 2026
- Pages : 306 pages
Crédit photo : Patrice Sirois










