Mattis Savard-Verhoeven est un comédien que l’on a pu voir à maintes reprises sur scène et à la télévision. Cette année, il fait son entrée en littérature avec un premier roman publié chez La Peuplade : Une certaine tristesse.
La caractéristique principale de ce récit est sa forme : un long flux de conscience constitué d’une seule phrase, à la fois haletante et aliénante. C’est un choix stylistique audacieux qui ne plaira pas à tous. Personnellement, j’apprécie énormément ce procédé lorsqu’il est maîtrisé, et Savard-Verhoeven réussit brillamment son pari. L’intrigue elle-même justifie et fait briller cet usage de la langue. Car on y suit Noé, un jeune garçon en fuite après un exercice de simulation de fusillade dans son école. À travers ce carnet où s’entrechoquent ses réflexions sur le traumatisme qu’il vient de vivre, il cherche désespérément des réponses à ses angoisses et à sa culpabilité.
Ce premier roman explore avec une grande justesse les pensées intrusives et négatives qui bousculent l’esprit d’un enfant en état de choc. Le récit part dans tous les sens ; il est stressant, déstabilisant et recrée la confusion de la situation avec brio. Encore une fois, ce livre n’est peut-être pas pour tout le monde, mais les lecteurs qui aiment les propositions littéraires fortes y trouveront leur compte.
En somme, Une certaine tristesse est un roman audacieux et réussi. Il permet au lectorat de plonger au plus profond de la psyché troublée d’un enfant. Je le recommande chaudement.
- Auteur: Mattis Savard-Verhoeven
- Éditions : La Peuplade
- Parution : 5 mars 2026
- Pages : 144 pages
Crédit photo : Patrice Sirois










