Deni Ellis Béchard est un journaliste et romancier récompensé par plusieurs prix, dont le Prix du Commonwealth, le Midwest Book Award et le Nautilus Book Award. Cet automne, Alto nous offre la traduction française de son nouveau roman : À quoi rêve la machine quand nous dormons?
Les États-Unis viennent de vivre une seconde guerre civile et les contrecoups plongent le pays dans une violente division. En réaction, un entrepreneur crée une intelligence artificielle (IA) afin d’enfermer chaque humain dans un monde plus doux, bien que ce fantasme soit entièrement mensonger. Dans cet univers bleuté, Jae, Simon et plusieurs autres personnages tentent de trouver un équilibre.
Le nouveau livre de Béchard explore la dystopie sous un angle plutôt singulier. L’univers dans lequel sont enfermés les personnages est en effet paisible et réconfortant. S’ils se demandent souvent s’ils ne sont pas en train d’halluciner et s’ils perçoivent les traces d’un mensonge, le bleu finit la plupart du temps par les rassurer. Il est assez déstabilisant au départ de lire une dystopie où, a priori, tout semble si bien aller. Néanmoins, les échos de la violence ne sont jamais bien loin, et ce contraste sert à merveille la vision du futur de l’auteur.
De plus, comme dans toute bonne œuvre de science-fiction, la critique de la technologie s’avère particulièrement pertinente. L’IA y est présentée comme salvatrice alors qu’elle emprisonne littéralement les êtres humains, ce qui résonne fortement avec notre époque.
À quoi rêve la machine quand nous dormons? est une œuvre qui, grâce à son jeu de contrastes, se révèle à la fois déstabilisante et évocatrice. Cette dystopie de Deni Ellis Béchard s’ancre parfaitement dans les enjeux contemporains.
- Auteur : Deni Ellis Béchard (traduction de Dominique Fortier)
- Éditions : Alto
- Parution : 14 octobre 2026
- Pages : 528 pages
Crédit photo : Patrice Sirois










