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Yolo

Parfois, on a de la chance, et les artistes qu’on aime comme Adib Alkhalidey immortalisent leurs blagues dans un livre ou leurs shows sur Internet et on peut en profiter à volonté. Parfois, on croise les doigts pour que cela arrive : c’est le cas avec le spectacle Yolo d’Aymeric Lompret, humoriste et chroniqueur dans La dernière sur Radio-Nova, en tournée en France en ce moment et que j’ai eu la chance de voir il y a une dizaine de jours à Aubervilliers.

Sur scène, un ciel étoilé, un lampadaire. Dans la salle comble, un public de tous les âges. Les têtes bougent en rythme sur une musique rock sympathique (que plein de gens shazament discrètement). Quand Aymeric Lompret entre sur scène, l’atmosphère est décontractée, légère, conviviale, presque festive. Et l’humoriste annonce immédiatement la couleur de son show : le public sera largement impliqué ! En effet, le voilà qui se balade entre les rangées, marche sur les sièges, choisit les victimes d’un crowd work qui va se poursuivre pendant l’entièreté du spectacle. Lompret est entre la scène et le public, s’amuse et se moque de nous, contribuant ainsi à simuler un intelligent brouillage entre ses personnages et lui-même. Cette performance désinvolte rend le pacte artistique clair : extrêmement intelligent, Lompret va jouer l’idiot sympathique et attachant pour nous faire réfléchir.

Mais revenons-en au thème du spectacle : Lompret incarne un clochard qui cherche son chien Antoine. ANTOIIIIIIINE, va-t-il crier régulièrement. Le soir tombe tranquillement et le clochard raconte, rigole, parle tout seul. Les personnages se mêlent et se croisent, donnant naissance à des imitations hautes en couleur. Lompret tisse des liens avec son public avec autant de légèreté que d’auto-dérision. On ne sait plus si son propre texte le fait rire ou s’il joue la comédie, et c’est pour ça que le spectacle fonctionne aussi bien : une intense impression de complicité émerge entre tou·tes.

Au-delà des multiples interactions avec le public, conquis, la magie du spectacle de Lompret, c’est qu’on y retrouve ses thèmes de prédilection. Entre absurde, dénonciation, auto-dérision, haine des fachos et comique de répétition, quelques statistiques sur la pauvreté, l’accès au logement, les conditions de vie des sans-abris. Le spectacle est politique, et aborde la montée du fascisme, la misère, la précarité, le mal logement, le racisme, le sexisme, etc. Les vieux en prennent pour leur grade, et les jeunes aussi, ceux qui rient trop fort ou pas assez, tandis que France Inter, Jordan Bardella et Rachida Dati prennent quelques balles perdues en passant, et ça fait du bien. Comme seul lui sait le faire, Aymeric Lompret dénonce dans une sorte de folie douce et éclairée, loin des clichés et des bons sentiments.

Il ne nous reste plus qu’à espérer qu’il soit invité au Québec ! 


Infos complémentaires

Textes de Yolo : Pierre-Emmanuel Barré et Aymeric Lompret
La tournée d’Aymeric Lompret : 
À Paris : tous les lundis 20h30 jusqu’au 30 juin 2025
Partout en France jusqu’au 3 décembre 2025
Ses chroniques sur Radio Nova
Son émission Radio Nova Pirate


Psssst : si vous avez comme moi beaucoup écouté Le grand dimanche soir, et que vous êtes fan de La dernière, ne manquez pas la venue à Montréal de certains proches participant·es de l’émission : Doully et Waly Dia. (psssst y a aussi Merwane Benlazar qui passe le 3 mai).


Crédit photo : Kit média

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