Littérature étrangère Société

Un frère 

***coup de cœur*** 

Court et poignant, David Thomas raconte la vie de son frère qu’il a trouvé un matin, sans vie, dans son appartement. Son frère vivait depuis plusieurs années avec la schizophrénie, l’auteur décide de raconter sa vie, les beaux et les mauvais moments, l’avant et l’après-diagnostic de la maladie, leur complicité, leurs différends aussi.   

David Thomas écrit 139 pages de vérités qui font mal, qui font aussi du bien, mais surtout de vérités punto et basta. Il démystifie un peu ce que c’est de vivre avec la schizophrénie, de vieillir avec elle. La dépendance d’Édouard et aussi celle qui le rattachait à sa famille comme un enfant. Mais David Thomas souhaite surtout raconter son frère, leur relation.  

M’atteler à ce récit c’est prendre le parti de l’inconnu. Et j’ai horreur de l’inconnu. Je suis un animal de terrier, «il n’y a jamais d’orages dans les terriers», a écrit Bukowski. P.21  

L’auteur aborde la maladie de son frère, la schizophrénie comme une lutte constante et c’est exactement ce que c’est, l’exigence que cette lutte demande à la personne, à la famille, à l’équipe soignante, est constante. Édouard avait fait plusieurs hôpitaux psychiatriques, mais c’était Meudon où il pouvait réellement se reposer. L’hôpital donnant sur un immense jardin, il arrivait qu’Édouard y fasse quelques séjours pour se reposer. À sa mort, il n’a certainement pas laissé l’équipe indifférente :   

On m’apprit aussi que le personnel soignant fut si bouleversé par sa mort qu’ils organisèrent une séance de parole pour partager leur peine. Mon frère était le patient qui venait depuis le plus longtemps et le plus souvent. Tout le monde avait fini par s’attacher à lui. En vingt-cinq ans, Meudon était devenu sa deuxième demeure, cet arrière-front où il pouvait se ressourcer et reprendre des forces indispensables au combat. Son coin de ring entre deux rounds.   

Écrire pour retrouver Édouard dans tout ce que son frère a eu comme impact pour l’auteur, Édouard était ce grand frère admiré, celui qui arrivait à tout (le succès, la liberté, les filles) et la maladie lui a un peu enlevé ce rôle bien que l’auteur retrouvait parfois cette admiration entre deux épisodes plus houleux.  

Dans ce récit, on peut réellement voir l’attachement de David pour Édouard malgré la maladie, avec la maladie aussi. Le livre ouvre les yeux sur la vie des personnes vivant avec une maladie mentale, mais surtout sur celle de l’entourage. On apprend aussi à célébrer la personne derrière la maladie. C’est un livre que j’ai adoré, un livre vrai, authentique qui fait du bien autant qu’il conscientise. Un véritable coup de cœur pour moi.   

  • Auteur: David Thomas 
  • Maison d’édition: Éditions de l’Olivier 
  • Parution: 31 octobre 2025 
  • Nombre de pages: 139 

Crédit photo: Valérie Ouellet 

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