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Territoire de trappe

Bien que je ne sois nullement attirée par les histoires de cowboy justiciers, je dois dire que ma première immersion dans Territoire de trappe, un roman que l’on pourrait qualifier de western nordique, m’a beaucoup plu. Fascinée par les aventures de coureurs des bois et les grands espaces, je me suis tout de suite sentie appelée par ce roman de genre très accrocheur. L’action se déroule dans un hameau perdu du Lac-Saint-Jean malmené par un maire torve et un curé à la morale distordue. On suit Léon, qui – en rentrant chez lui à Noël, après un long périple en forêt -, retrouve sa maison vide, sa femme et sa fille ayant péri en son absence. Fou de douleur, il fomente une terrible revanche dont le village ne sortira pas indemne.   

Si la violence qui déferle dans ce roman peut nous rebuter, on se surprend à développer une véritable fascination pour la galerie de personnages que nous offre le duo d’écrivains. La femme du maire surprend par son panache alors qu’elle se trouve en pleine agonie. On s’attache aussi à Yvonne, la «maîtresse d’école» et à la jeune Rose, une Innue qui prend les armes pour venger son amie morte, sans parler de Reth, redoutable chasseur de primes qui tue et viole avec une implacable froideur. Voilà donc la trame de ce roman où se déchaîne la cruauté humaine. Un féroce coup de cœur!    

Pour vous donner un aperçu de cet univers, en voici un extrait : 

En décembre, les collets disparaissent vite sous les neiges abondantes et trop fréquentes. Il faut constamment les dégager et il devient difficile de piéger, de marcher et de traîner plus que sa propre peau sans chien pour la tirer. La grande majorité des trappeurs profitent des premières bordées pour descendre vers leur poste ou leur comptoir habituel. Ils se saoulent afin de célébrer la naissance du Rédempteur, refont le plein de provisions au magasin, puis se vident les couilles dans les orifices de tous genres qui gravitent autour – un délestage qui concerne uniquement les chasseurs qui ne se sont pas déjà soulagés dans leurs prises, au moment où elles étaient encore chaudes. 

Crédit photo: Vicki Milot 

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