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Stupid check et La tristesse est un plat qui se mange seul.e 

Les éditions de La Bagnole publient depuis quelque temps la collection Fuwa Fuwa qui veut dire aéré en japonais. De courts textes pour un public adolescent et jeune adulte. Parmi mes publications récentes préférées : To do liste pour les jours tristes de Laurianne Charbonneau et La tristesse est un plat qui se mange seul.e de Laurie-Anne Perreault. J’ai toutefois bien aimé aussi un des derniers titres de cette collection : Stupid check de Navet Confit.  

Stupid check  

Navet Confit alias Jean-Philippe Fréchette signe un premier recueil pour La Bagnole et je dois avouer que j’ai beaucoup aimé sa plume franche, son style acéré et, pourtant, rempli d’émotions qu’il a su très bien transmettre aux lecteurices.   

Le recueil se lit sous la forme d’un journal/carnet de dessins de Jacob, 19 ans, qui vient d’emménager à Montréal avec deux colocataires un peu plus âgés. Il s’est inscrit pour suivre une formation de technicien sonore afin de travailler, un jour, en studio. Alors quand ses colocs lui apprennent qu’ils ont un band et qu’ils se cherchent un guitariste, c’est naturellement qu’il accepte.   

Au bout d’un certain temps, sa relation à distance Garance se termine brusquement. Heureusement, le band va bientôt faire des shows et peut-être même partir en tournée. Jacob se rapproche aussi de son colocataire Colin qui semble, lui aussi, lui envoyer des signaux. Alors, à la fin d’un show, Jacob prend son courage à deux mains et plonge. Il embrasse Colin, malheureusement la réaction de ce dernier n’est pas du tout ce à quoi s’attendait notre protagoniste. Il fuira tout : la musique, l’appartement, Colin, l’amour.   

Comme j’ai écrit auparavant j’ai bien aimé l’écriture de Navet Confit, mais moins la fin. Même si c’est peu probable, je souhaite vraiment une suite à ce recueil. J’ai trouvé ça difficile de refermer ce court livre sans savoir la suite pour Jacob. Alors, Navet Confit, un deuxième recueil ? Stp ?  

  • Auteur : Navet Confit  
  • Nombre de pages : 128  

La tristesse est un plat qui se mange seul.e  

Laurie-Anne Perreault œuvre dans le milieu du cinéma et de la télévision tout en menant une carrière d’intervenante psychosociale dans le milieu communautaire, ce recueil de poésie est son premier livre et c’est très réussi.   

L’autrice aborde la tristesse qui colle à la peau. D’ailleurs, la narratrice utilise le mot marasme pour la décrire :   

tu me demandes ce que veut le mot marasme  
et pourquoi je l’utilise autant pour parler de moi  
je te réponds que  
le marasme c’est une tristesse collante  
qui t’assaille  
te pèse  
te ralentit  
je te réponds que  
je ne connais pas d’autres mots  
pour parler de moi 
p.19  

J’ai lu ce recueil d’un trait, bien qu’il ne soit pas joyeux, j’ai trouvé qu’il reflétait bien la tristesse qu’on peut ressentir à l’adolescence. La tristesse venant d’un événement important : séparation, deuil, chicane, mais aussi la tristesse ordinaire, celle dont il est plus difficile de s’en sortir.  

L’écriture de Laurie-Anne Perreault est brillante et ne fait pas de détours, j’ai particulièrement aimé ce poème :   

si la tristesse  
était une ITS  
j’en aurais contaminé pas mal  
parce que même  
si je fourre toujours  
avec un condom  
j’ai jamais aimé  
en me protégeant
p.49  

Bref, ce recueil est magnifique bien qu’il aborde la tristesse, les mots de Perreault font du bien et savent bien se faire comprendre. Un superbe premier livre.   

  • Autrice: Laurie-Anne Perreault 
  • Maison d’édition: La Bagnole 
  • Parution: 23 avril 2026 
  • Nombre de pages: 100 

Crédit photo: Valérie Ouellet 

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