Littérature québécoise Quoi lire?

C’était ça ou mourir 

Thélyson Orélien frappe un grand coup avec ce premier roman qui a été le deuxième roman le plus vendu lors du 12 août, j’achète un roman québécois. Ce n’est pas un hasard, il réussit à raconter l’exil, l’enfer de la migration en racontant des milliers d’histoires à travers celle de son personnage principal : Jonas Dorléon.   

Dès le départ, les lecteurices se rendent compte que l’écriture de Thélyson Orélien est unique, porteuse de mémoires, d’espoir, mais également d’une bonne dose de la réalité crue, celle de tous ceux et celles qui fuient et qui espèrent seulement se poser.   

Le parcours du personnage part d’Haïti où la violence des gangs est intenable pour passer par la République dominicaine, le Brésil, le Pérou, le Panama (plus précisément la jungle du Darién, une jungle de 160 km, dangereuse et très fréquentée), la Colombie,le Honduras, le Guatemala, le Mexique, les États-Unis et, enfin, le Canada par le chemin Roxham qui a tant fait couler d’encre.   

Pour les lecteurices, on se doute, on a lu, on a compris (pour certain.e.s) que le parcours des migrant.e.s n’en est pas un facile, que les migrant.e.s risquent leur vie, mais les détails apportés par l’auteur glacent le sang puisqu’on se doute bien que ceux-ci sont réels, ils laisseront certainement des cicatrices à jamais. Le narrateur raconte ce qu’un Dominicain avec qui il traversait le Darién et qui avait perdu sa sœur lui dit :   

C’est lui qui m’avait dit : « Frère, on ne fuit pas seulement un pays, on fuit le silence qu’il nous laisse. » Ces mots-là ne m’ont jamais quitté. 
P.193  

L’écriture d’Orélien reste poétique, puissante tout au long du sombre récit :   

Ce ne sont pas les refus qui tuent. C’est le moment où on te fait croire que c’est bon, ça y est. C’est cette illusion qu’on injecte dans tes veines, pour mieux te renvoyer au sol. Les Américains sont des experts en premier acte, le décor, le son, les personnages. Et juste avant le point culminant, ils arrêtent tout. Et toi, tu redescends. Encore. Puis tu recommences. Encore. P.197  

C’était ça ou mourir a certainement beaucoup de succès au Québec et à l’étranger parce qu’il porte un thème omniprésent qui touche des millions de gens, il permet aussi aux citoyen.ne.s des pays sûrs de faire preuve d’empathie, un sentiment trop souvent absent dans nos sociétés occidentales. Un livre important qui mérite tout le succès du monde. Longue vie à l’écriture de Thélyson Orélien ! 

  • Auteur: Thélyson Orélien 
  • Maison d’édition: Boréal 
  • Parution: 9 mars 2026 
  • Nombre de pages: 270 

Crédit photo: Valérie Ouellet 

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