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Les cheveux d’Édith 

La magnifique et très touchante bande dessinée Les cheveux d’Édith raconte l’histoire de Louis, jeune lycéen parisien, qui travaille comme placier au cinéma en mai 1945. En passant devant le Lutetia, chic palais réquisitionné pour que les survivants français des camps puissent tenter de trouver de la famille, il décide de devenir bénévole.  

Toutefois, lorsque Louis rentre chez lui le soir même et qu’il annonce ce qu’il a vu et sa volonté d’être bénévole après l’école au Lutetia, son père se renfrogne et demande à Louis d’oublier cette idée.  

Pourtant, Louis décidera d’y aller quand même en mentant à ses parents. Il prendra soin des déportés et se liera d’amitié avec Suzie, une survivante, qui prend soin d’Édith. Cette dernière a le même âge que Louis, mais elle est profondément perturbée. Elle dort par terre et ne parle qu’en présence de Suzie. Peu à peu, Louis et Édith se lieront d’amitié, il lui fera même la surprise de l’amener au cinéma pour une séance privée. Elle devra quitter le Lutetia, mais elle souhaite qu’une fois ses cheveux repoussés, elle aille mieux. Reverra-t-elle Louis ? Est-ce que le temps permettra de guérir ses traumatismes ?  

Le scénario de Fabienne Blanchut et Catherine Locandro est magnifiquement ficelé. Le lecteurice comprend à quel point la population ignorait, pour la plupart, ce que les Juifs avaient vécu dans les camps. Il y a même des gens pour dire que les déportés étaient « gâtés » au Lutetia. En plus, les autrices ont ajouté le différend entre Louis et son père. On comprend au fil de l’histoire que le père de Louis, chauffeur d’autobus, avait accepté de conduire les Juifs au train vers les camps. Selon Louis, son père est un traître, mais son père ne savait pas exactement de quoi il retournait et il voulait aussi protéger sa famille. Cela pose la question des collaborateurs ? À partir de quand ou à quel moment est-ce que les Français sont devenus des collaborateurs ?   

Cette histoire fictive permet de nous souvenir des atrocités de la Deuxième Guerre mondiale, mais aussi de l’aveuglement volontaire de plusieurs personnes, de leur participation à différents niveaux à l’horreur. Louis symbolise l’empathie et le courage à la perfection dans cette histoire pas si lointaine. À lire pour mieux comprendre et, surtout, mieux réfléchir à nos actions présentes et futures.   

  • Scénario: Fabienne Blanchut et Catherine Locandro 
  • Dessin: Dawid 
  • Maison d’édition: Dargaud 
  • Parution: 12 novembre 2025 
  • Nombre de pages: 160 

Crédit photo: Valérie Ouellet 

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1 Commentaire

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    Eimelle
    22 février 2026 à 1:06 pm

    J’ai beaucoup aimé aussi !

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