Cristian Fulaş est un auteur roumain dont deux romans ont déjà été traduits chez La Peuplade. Cet automne, la maison d’édition nous en offre un troisième : La forme du silence.
Le roman dépeint les émotions des personnes présentes à un enterrement. Si la prémisse s’avère plutôt simple et conventionnelle, tout le reste de l’œuvre s’en détache. Ce roman choral donne la parole à plusieurs personnages qui déversent leurs états d’âme en cette journée froide. Il en résulte un éventail étourdissant de perspectives qui s’accumulent, amplifiées par la douleur que provoque la mort. Le récit devient rapidement un casse-tête dont les multiples pièces semblent refuser de s’emboîter. Surtout qu’en plus, le roman est écrit d’une seule et unique phrase. Bien que cette technique ait été employée souvent, je n’en avais jamais vu une réalisation aussi intense. Le texte est dense et excessif, à l’image même d’un enterrement où chacun a son mot à dire sur la vie et les erreurs passées du défunt. C’est un véritable ouragan. Ce style ne plaira pas à tout le monde, c’est certain, mais si vous cherchez à être remué·e, vous le serez indubitablement. C’est un livre idéal pour un lectorat qui aime les défis, l’intensité pure et les sorties des sentiers battus.
Bref, La forme du silence est un excellent roman qui vous brassera à coup sûr. Ce pari audacieux est relevé avec brio.
- Auteur : Cristian Fulaş (traduction de F. et J.-L. Courriol)
- Éditions : La Peuplade
- Parution : 2 septembre 2026
- Pages: 288 pages
Crédit photo : Patrice Sirois




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