Une jeune chinoise travaille dur dans une usine, et rêve d’une vie meilleure. Lorsqu’elle rencontre un taïwanais et qu’elle émigre sur l’Île de Taïwan, elle pense que sa vie va enfin s’améliorer. Mais comment s’intégrer dans une société traditionnelle et patriarcale qui ne veut pas d’elle ?
Femmes, soutiens-gorges et pattes de poulet est une bande dessinée à 6 mains présentant la recherche de la sociologue Béatrice Zani. Entre la Chine et Taïwan, Zani présente l’histoire d’un soutien-gorge rouge, et, à travers lui, la réalité de femmes qui tentent de vivre (ou de survivre) dans un monde qui leur est hostile. L’autrice démontre, à travers l’histoire d’un objet somme toute anodin, un pan de la vie de jeunes femmes migrantes, dans toute leur complexité.
Le dessin de cette bande dessinée par trois artistes (Malou Allagnat, Lou Herrmann, Emy) en fait toute sa richesse puisque les styles témoignent des différents vécus économiques, migratoires, conjugaux et économiques des femmes rencontrées par l’héroïne du récit. Le noir et blanc, avec ce fil rouge conducteur, permet une continuité entre les vies racontées… qui malheureusement se ressemblent. En effet, entre l’usine et la vie amoureuse, les désillusions et désenchantements des jeunes chinoises exilées à Taïwan sont plus que nombreux. Dans un contexte de racisme, sexisme, discrimination, violences institutionnelles et sociales, ces femmes brisent leur solitude et survivent grâce à leurs amitiés et une incroyable sororité.
Femmes, soutiens-gorges et pattes de poulet est une bande dessinée qu’on a plaisir à lire pour sa qualité visuelle et narrative, mais aussi pour son propos sociologique, et c’est ce qui est en fait une telle réussite littéraire. La bande dessinée s’avère, une fois de plus, un médium marquant pour faire réfléchir sur des enjeux sociaux.
- Recherche scientifique : Béatrice Zani
- Scénario : Valentine Boucq
- Dessins : Malou Allagnat, Lou Herrmann, Emy
- Maison d’édition : PUM | Enquêtes scientiques
- Date de parution : août 2026
- Nombre de pages : 131
Crédit photo: Annick Lavogiez




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