L’automne dernier, pour célébrer les 30 ans du référendum, Jean-Philippe Baril Guérard a signé une pièce sur le thème référendaire qui a été présentée à La Bordée et chez Duceppe. Cet hiver, les éditions de Ta Mère nous offrent le texte : Un nouveau jour.
La pièce présente un huis clos dans lequel un groupe de quatre personnes organise le spectacle qui souligne la victoire référendaire. Maintenant que le pays est fait, tous se demandent comment s
ouligner la culture québécoise. En fait, ils se demandent surtout : qu’est-ce que la culture québécoise ?
Cette comédie, bien cynique à la Baril Guérard, explore la question identitaire avec une date butoir comme épée de Damoclès. Alors qu’une réunion s’étire, les protagonistes, issus de divers milieux québécois, ne s’entendent pas sur un point commun de la culture, qu’ils ne veulent pas réduire à « hockey-poutine-Céline ». Pourtant, le spectacle doit avoir lieu.
L’idée de mettre quatre personnages différents dans une même pièce est toujours une bonne idée. Baril Guérard ne réinvente pas Sartre, mais se l’approprie à merveille. L’atmosphère que cela crée, à la fois tendue et burlesque, nous projette dès le départ dans ce monde où l’on comprend vite qu’un référendum gagné ne règle pas tous les problèmes.
L’auteur est connu pour ses dialogues forts et il brille encore avec cette pièce. Beaucoup de lignes sont mémorables, intelligentes et ridicules en même temps. L’auteur connaît les personnages avec lesquels il travaille et leur donne une personnalité exceptionnelle que l’on déguste à coups de dialogues, comme une boîte de poulet Saint-Hubert (vous comprendrez en lisant la pièce).
Bref, Un nouveau jour est une pièce désopilante qui vaut le détour. Baril Guérard nous montre encore l’étendue de son talent.
- Auteur : Jean Philippe Baril Guérard
- Éditions : Ta Mère
- Pages : 128 pages
- Parution : 17 février 2026
Crédit photo : Patrice Sirois



