Bande dessinée Classique

Terre des hommes 

Antoine de Saint-Exupéry n’est plus à présenter : aviateur célèbre, auteur renommé, père du Petit Prince, il a écrit Terre des hommes, un recueil d’essais autobiographiques en 1939. Il a reçu, pour ce livre, le prix de l’Académie française et de nombreuses autres distinctions. Il a été republié en novembre dernier pour notre plus grand plaisir avec les magnifiques illustrations d’un autre grand écrivain-illustrateur que j’adore : Riad Sattouf.  

Sattouf, auteur des bandes dessinées L’Arabe du futur, des carnets d’Esther, entre autres, a décidé d’illustrer ce texte fondateur immensément important pour lui. Il a trouvé dans les écrits de Saint-Exupéry une grande métaphore de l’âge adulte à venir. Terre des hommes raconte les aventures des premiers pilotes postales dont Saint-Exupéry fait partie. Ces hommes doivent naviguer en terrain inconnu, accidenté dans des conditions changeantes et, parfois, très dangereuses. Ils se repèrent avec les étoiles, les indications de ceux qui ont fait les trajets auparavant, ce qui peut être un troupeau de moutons, un fortin dans le désert, une vallée inconnue et perdue.   

Pour ma part, je n’avais jamais lu Terre des hommes, j’avais entendu parler de cette carrière d’Antoine de Saint-Exupéry qui lui avait inspiré le fameux Petit Prince. J’ai découvert un récit magique, tiré d’une époque où ces aviateurs devaient risquer leurs vies pour défier les éléments et se rendre dans des destinations exotiques. La camaraderie de ces héros de l’ombre m’a aussi marqué, ils ont vécu des expéditions hors du commun, fait des rencontres où ils risquaient, chaque fois, leur vie aussi.   

Au-delà des risques fous de St-Exupéry et de ses camarades, il y a aussi son émerveillement aux choses simples. J’imagine que frôler la mort apporte aussi cette reconnaissance des moments simples, mais importants. Un extrait qui m’a marqué est cette fois où Antoine de Saint-Exupéry raconte sa compréhension, sa prédiction d’une tempête de sable grâce à une libellule qui se pose sur la main pendant la nuit.   

« Mais ce n’est pas ce qui m’émeut. Ce qui me remplit d’une joie barbare, c’est d’avoir compris à demi-mot un langage secret, c’est d’avoir flairé une trace comme un primitif, en qui tout l’avenir s’annonce par de faibles rumeurs, c’est d’avoir lu cette colère aux battements d’ailes d’une libellule. » p.130  

À cette ère où nous dépendons tellement des technologies pour tout, il est fascinant de voir à quel point cet homme et ses compagnons devaient avoir une compréhension de la nature, des peuples, du monde qui les entouraient pour pouvoir survivre. Ce qui nous manque terriblement je trouve.  

Un mot à propos des images de Riad Sattouf qui sont tout à fait à la hauteur du récit, magnifiques, elles font rêver sans prendre le dessus du texte. Elles supportent un grand texte. Bref, une lecture qui fait rêver, qui fait réfléchir aussi à notre propre rapport à la nature, aux autres. Si vous ne l’avez pas déjà lu, c’est à faire et si vous avez déjà lu, c’est certainement à redécouvrir. 

  • Auteur: Antoine De Saint-Exupéry 
  • Illustrateur: Riad Sattouf 
  • Maison d’édition: Gallimard 
  • Parution: 12 novembre 2025 
  • Nombre de pages: 273 

Crédit photo: Valérie Ouellet 

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