F*** la Saint-Valentin, les dîners aux chandelles, la surconsommation des fleurs et le romantisme capitaliste : lisez plutôt un bon livre ce soir. Et pourquoi pas un livre sur le cinéma d’horreur ? J’ai une merveille à vous proposer : Monstrueuse de Taous Merakchi.
Taous Merakchi, autrice et podcasteuse, m’avait complètement séduite avec Vénère (Flammarion, 2022), et c’est avec un immense plaisir que je me suis lancée dans la lecture de son dernier livre, Monstrueuse, un essai autobiographique, intime et passionnant sur la relation que l’écrivaine entretient avec le cinéma d’horreur. Et que vous dire, sinon que je n’ai pas été déçue.
D’entrée de jeu, Taous Merakchi annonce la couleur : l’objectif est de nous faire découvrir un genre parfois méconnu, souvent mal jugé, et pourtant très divers, qu’elle adore depuis l’enfance : le cinéma d’horreur. Mais attention, hors de question de nous forcer ou de nous traumatiser : l’autrice comprend et reconnaît l’impact de la peur et l’importance des limites de chacun. Au contraire, elle désire nous accompagner, grâce à sa vaste connaissance du genre à le découvrir, peut-être le comprendre, peut-être l’apprécier.
À travers ses expériences personnelles, qu’elle prend soin de ne pas généraliser et sur lesquelles elle a toujours d’intéressantes analyses remplies d’auto-dérision, elle nous raconte sa découverte des premiers films d’horreur et surtout des monstres qui l’ont marquée, traumatisée, soignée, réconfortée au fil des années. Revisitant de multiples oeuvres -merci pour les résumés détaillés qui permettent de suivre le propos même quand on n’a pas vu le film!-, acceptant leurs angles morts, côtés problématiques et autres interprétations possibles, Taous Merakchi offre des analyses originales, intelligentes et personnelles, qui ne peuvent que titiller votre curiosité.
Ainsi, elle aborde dans Monstrueuse les rapports entre femme, féminité, injonctions sociales, amitié, amour ou adolescence et films d’horreur, ou encore comment l’horreur peut être une expérience cathartique, un exutoire, voire même une forme de réconfort, entre autres puisque l’horreur est contenue, limitée, encadrée… contrairement à celle qui nous entoure dans la vie. Taous Merakchi démontre également que l’horreur, en plus de permettre d’analyser une époque, est susceptible de faire changer les mentalités, voire d’incarner des points de vue marginalisés.
J’ai adoré ce livre qui mêle habilement réflexions sur le genre de l’horreur, anecdotes personnelles, digressions pertinentes et auto-dérision. Le style de Taous Merakchi est accessible, souvent drôle, absolument passionnant, et nous offre l’opportunité de réfléchir à notre propre adolescence, notre rapport à l’amour et à l’amitié, et ce, sous un prisme peu commun. Que vous soyez un fan inconditionnel d’horreur ou non, je vous mets au défi de ne pas être tenté par l’une des oeuvres mentionnées! En plus, l’autrice est sympa, elle nous a même mis deux listes à la fin : « Par où commencer? » et « Quelques pépites ».
Allez, filez en librairie ou à la bibliothèque, et offrez-vous une soirée de Saint-Valentin parfaite en compagnie de la fabuleuse Taous Merakchi !
- Autrice : Taous Merakchis
- Illustration de la couverture : Anna Wanda Gogusey
- Maison d’édition : la ville brûle
- Date de parution : octobre 2025
- Nombre de pages : 222
Crédit photo : Annick Lavogiez



