Littérature étrangère Nouveauté Quoi lire?

Les grues volent vers le sud 

*coup de cœur* 

Bo a 89 ans, il vit désormais seul dans sa maison au cœur d’un petit village suédois. Sa femme, atteinte de démence, est placée en foyer dans une ville un peu plus loin et son fils Hans semble constamment occupé par son travail.   

Sa santé, déclinant rapidement, plusieurs aides-soignants passent à différents moments de la journée pour l’aider à manger, se doucher (lorsque Bo collabore) et, parfois, sortir son chien Sixten, seul compagnon qui reste au vieux. À un certain moment, Bo passe de plus en plus de temps à dormir, a de la difficulté à se mouvoir et à s’alimenter convenablement. Son fils commence alors à penser qu’il devrait placer Sixten ailleurs puisque son père ne peut plus s’en occuper comme il se doit. Bo n’en revient pas, il se met dans tous ses états : de quel droit son fils (à qui il a tout donné) peut-il décider à sa place ? Comment peut-il lui arracher Sixten ? Le père se remémore alors sa vie d’avant, son enfance avec un père violent, sa rencontre avec son amoureuse, l’arrivée d’Hans, la rencontre de son meilleur ami Ture et toutes les aventures qu’ils ont eues ensemble. Pourtant, un constat s’impose : Bo et Hans n’ont jamais su communiquer. Réussiront-ils à réparer ce conflit avant le décès du vieux ?   

On lit ce roman complètement imprégné, absorbé, dans l’histoire. Le roman est divisé en journées : jeudi 18 mai au vendredi 13 octobre où Bo narre ses journées, ses pensées, où il appelle son meilleur ami Ture lorsqu’il a un trop plein de colère ou de tristesse, mais aussi où le lecteurice a accès aux notes des aides-soignants.e.s et celles d’Hans. Ainsi, on est confronté à plusieurs perceptions. Plusieurs fois, j’ai changé de camp, c’est-à-dire autant on comprend à quel point Sixten est important pour Bo, autant on voit bien que le vieux ne peut plus s’en occuper et qu’il se met en danger pour pouvoir en prendre soin. Il nous semble qu’aucune décision ne sera la bonne.  

La force de ce roman est aussi de prendre toute la mesure de la difficulté de la perte d’autonomie d’un parent où, malheureusement, les rôles, souvent, s’inversent. L’enfant devient un peu le « parent » de son parent. Hans, on le voit, ne veut que le meilleur pour son père tout en étant dépassé par la charge de deux parents vieillissants. Bref, un véritable coup de cœur littéraire. Ce roman a déjà été traduit en plus de 45 langues et on comprend pourquoi, il touche des thèmes universels, importants et la plume de l’autrice frappe exactement là où on le veut : au cœur. Je le recommande à tous.tes et à toutes les générations, le roman a donné de belles discussions entre ma mère et moi, je vous les souhaite aussi.   

  • Autrice: Lisa Ridzén 
  • Traductrice: Catherine Renaud 
  • Maison d’édition: La Peuplade 
  • Parution: 7 mai 2026 
  • Nombre de pages: 432 

Crédit photo: Valérie Ouellet 

Vous pourriez aussi aimer

Page par Page