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La disparition de Josef Mengele

La disparition de Josef Mengele

Mes parents, d’origine européenne, étaient trop jeunes pour avoir été des participants actifs lors de la guerre 39-45, mais assez vieux pour en avoir des souvenirs très vifs. Souvenirs dont ils ne parlaient que très peu et au sujet desquels je n’ai que rarement osé poser des questions. On ne parlait tout simplement pas de ces choses-là et de ces temps-là.

L’une des rares exceptions à cette règle non-écrite, a été Josef Mengele, le docteur de la mort. Je me souviens de leur déception et de leur frustration chaque fois qu’une nouvelle apparaissait dans le journal, toujours choqués et outrés que ce monstre ait non seulement survécu à la guerre, mais qu’il ait pu continuer sa vie impunément, sans jamais répondre de ses actes dans les camps. Jeune ado, je m’interrogeais sur l’identité de cet individu (Google, Wikipédia n’existaient pas encore). Et c’est ma mère qui, dérogeant à la règle non-écrite, me parla du sadisme et de la barbarie de ce médecin nazi et de sa supposée évasion en Amérique du Sud, reconnaissant qu’il était bien difficile de démêler le vrai du faux dans tout ce qui s’écrivait à son sujet depuis la fin de la guerre.

Ainsi, lorsque j’appris que le Prix Renaudot 2017 avait été octroyé à un livre portant le titre La disparition de Josef Mengele je me promis de le lire. Un sujet aussi sombre aurait pu donner un livre lourd et fastidieux. Au contraire, cela se lit d’une traite. Le récit nous permet de suivre le parcours de Mengele et de réaliser à quel point des fanatiques nazis ont pu continuer à professer leur idéologie raciste et à se protéger les uns les autres. Le récit nous permet de découvrir les liens entre certains dictateurs sud-américains et ces riches Européens réfugiés et bien installés, entre autres, en Argentine, au Paraguay ou au Brésil.

Très bien documenté, pas du tout didactique, la partie romancée du livre supporte parfaitement le récit. À lire par tous ceux qui s’intéressent à l’histoire. Et j’aurais vraiment aimé que mes parents puissent le lire et pouvoir en discuter avec eux.

 

  • Auteur : Olivier Guez
  • ISBN 978-2-246-85587-3
  • Édition : Grasset
  • Date de parution : Août 2017
  • Nombre de pages : 231 pages

Crédit photo : Françoise Conea

 

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  • vicki Milot
    19 août 2018 à 2:29 pm

    Je viens de lire ce récit. Merci de m’avoir donné le goût de le lire.

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