Province de Québec. Après la Première Guerre Mondiale, les « années folles » symbolisent une effervescence culturelle, ouvrière, démocratique. Alors que le Volstead Act, mieux connu sous la Prohibition fait rage aux États-Unis d’Amérique, au Québec, la bière est toujours en vente libre, tandis que la commission des liqueurs, ancêtre de la SAQ, gère de son côté les boissons fortes. Évidemment, les trafics sont légion… C’est dans ce contexte bien particulier que nous rencontrons Charlot, un jeune garçon dynamique et sympathique, qui souffre apparement de gaffite aiguë, et doit malheureusement travailler tout l’été. Si aujourd’hui il habite chez son oncle Gabriel, et travaille dans une tarverne montréalaise, c’est que sa famille a vécu quelques drames après la guerre… heureusement que Charlot est bien entouré désormais, avec Elizabeth, Malik, Léni, et les copains de la ruelle ! Lorsqu’une mission se présente à lui, Charlot n’hésite pas… mais comprend-t-il réellement les enjeux (adultes!) en présence ?
Plongée dans l’histoire du Québec du début du siècle, La bande à Charlot. Le carnet rouge est le premier tome d’une série prometteuse qui allie anecdotes de l’enfance et du quotidien à la Grande Histoire de la criminalité montréalaise. Laissez-moi vous dire que cet album est une pépite! D’abord, pour son look sépia qui nous plonge complètement dans l’époque, et qui laisse transparaître des couleurs dynamiques (wow le travail sur les cheveux de certains personnages!). Le contraste avec les traits résolument modernes fait résonner l’histoire habilement. J’ai particulièrement adoré les expressions faciales des personnages. Mais ce qui fait réellement l’excellence de cet album, c’est la quantité de petits détails : les personnages féminins forts qui n’ont pas besoin de garçons pour exister, les petites apartés sur la police, les clins d’oeil au lectorat, etc. C’est aussi beau visuellement que sympathique à lire!
- Auteur : Olivier Carpentier
- Maison d’édition : Presses aventure
- Parution : 4 août 2026
- Nombre de pages : 70
Crédit photo : Annick Lavogiez



