Vous souvenez-vous de Julie Surprenant ? Cette jeune femme, alors en cinquième secondaire, 16 ans, est portée disparue dans la nuit du 16 novembre 1999 à Terrebonne. Le corps de Julie n’a jamais été retrouvé après toutes ces années. Une amie de Julie, Sarianne Cormier, a décidé d’écrire une pièce de théâtre sur sa disparition et le vide qu’il a laissé dans les semaines suivantes sa disparition au sein du groupe d’amis, de son chum et de sa sœur. Bien que la pièce de théâtre relate des événements réels, la dramaturge s’est permis de changer les noms et de raconter sa perception des jours qui ont suivi le drame.
Le lecteurice suit donc à tour de rôle : Andrée, la sœur, Karine, l’amie un peu dramatique, Marilou, l’amie sensible, Arianne et JP, les jumeaux, Marco, le gentil et Gabriel, le chum de Julie. Les heures suivant le drame, chacun réagit d’une façon très différente : ielles pleurent ou restent stoïques n’arrivant pas à y croire, ielles continuent à vivre parce qu’il le faut bien.
Bien que chaque personnage soit touchant en soi, j’ai été chamboulée par le personnage de Marco, l’ami qui pense avoir vu Julie marcher sur l’autoroute le soir de la disparition et peut-être que quelqu’un, une ombre la suivait. Il voulait lui dire bonjour, mais ne l’a pas fait. Il est le dernier à avoir vu Julie vivante et il s’en voudra tout au long de l’histoire. Rationnellement, il sait et nous savons que ça ne change rien à l’histoire, mais il reste les « et si » qui dévore. Marco restera à jamais marqué avec cette image floue et le lecteurice peut seulement imaginer le poids de cette dernière.
Entre hommage et ode à la vie, à Julie désormais figée dans le temps, dans les mémoires, la pièce de théâtre « rentre dedans ». J’étais moi-même en cinquième secondaire lors de la disparition de Julie Surprenant et nous nous sommes tous.tes posé.e.s la question et si c’était une personne de notre entourage ? Voilà, la pièce Julie ouvre les horizons et la façon dont l’entourage de Julie a vécu le drame. C’est touchant et beau à la fois parce qu’à la fin, la vie gagne quand même.
- Autrice: Sarianne Cormier
- Maison d’édition: les éditions du remue-ménage
- Parution: 14 avril 2025
- Nombre de pages: 148
Crédit photo: Valérie Ouellet



