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La philistine 

Les Philistins étaient des membres non-sémites de l’ancienne Palestine du Sud qui sont entrés en conflit avec les Israélites au cours du 11e et du 12e siècles. Le terme est toujours utilisé pour désigner les Palestiniens, mais il peut aussi être utilisé comme une insulte pour une personne matérialiste qui répugne les valeurs intellectuelles et artistiques.  

Tu sais, en anglais, quand on traite quelqu’un de philistin, ça veut dire que c’est un béotien, qu’il manque de culture. Tu ne savais pas ? 

– p. 143

Dans le roman, l’autrice l’utilise plutôt comme un synonyme de Palestinienne. La philistine est donc l’histoire de Nadia, née à Montréal d’un père palestinien et d’une mère canadienne. Pour le travail, son père quitte la famille tôt pour aller en Égypte. Il fait une promesse à sa fille, de l’amener en Égypte tous les dix ans. Mais voilà qu’à son vingtième anniversaire, il lui offre un télécopieur. Nadia décide donc d’aller à la rencontre de son père en Égypte. Ses trois semaines prévues là-bas se transformeront rapidement en quelques mois. Celle-ci découvrira la ville, son identité palestinienne et aussi l’amour avec une femme, Manal.  

Et moi, est-ce que je suis Palestinienne, baba ? 

Il l’avait regardé dans le rétroviseur. 

Bien sûr ! Tu es ma petite Palestinienne adorée, ma fille de miel ! Bint al-assal. 

Claire n’aimait pas trop les expressions arabes, surtout celles qu’elle ne comprenait pas. 

T’es Québécoise, Nadia, avait-elle lancé en foudroyant du regard Bichara qui n’avait plus dit un mot du trajet

– p. 137

Le livre nous fait voyager, nous découvrons l’Égypte et ses habitants en même temps que le personnage principal. Nous goûtons aux mets, nous sentons les odeurs et c’est sublime. J’ai bien aimé la trame, ce mélange entre Montréal, Le Caire et Ramallah qui n’est jamais bien loin non plus. L’histoire d’amour que vit Nadia en Égypte avec Manal est si différente de celle qu’elle croyait vivre à Montréal avec Daniel, qu’on ne peut que lui souhaiter que ça dure. La relation complexe entre Nadia et son père s’améliorera et lui permettra aussi de mieux le comprendre et de mieux se comprendre aussi. 

En terminant, impossible de ne pas parler du travail ici de la traductrice Sophie Voillot qui transforme, pour la version française, Nadia en francophone. Une excellente histoire, une traduction impeccable, que demander de mieux ? 

  • Autrice : Leila Marshy 
  • Traductrice : Sophie Voillot 
  • Maison d’édition : Linda Leith éditions 
  • Parution : 2018, 2021 pour la traduction française 
  • Nombre de pages : 416 

Crédit photo : Valérie Ouellet 

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