Littérature québécoise Quoi lire?

Pour cœurs appauvris

L’autrice retrace le fil de ses liaisons amoureuses ou simplement charnelles. Comment raconter tout cela, ce sujet tant de fois abordé, sans tomber dans des clichés ou du déjà-vu ? Corinne Larochelle réussit ce tour de force en usant d’un langage à la fois cru et poétique. Elle nous offre le point de vue d’une femme somme toute ordinaire sur les aléas de sa quête d’amour. C’est simple, c’est beau, on s’y reconnaît probablement toutes un peu.

Il y a de nombreux passages érotiques, mais ce n’est pas toujours de la dentelle et des bougies qui accompagnent les ébats de la narratrice. Il y a aussi la description de ces rencontres ordinaires, ennuyeuses et décevantes. À travers ces récits, il y a un questionnement sur le respect de soi, de ses désirs et le clash vécu parfois avec la réalité où les stéréotypes sexuels donnent souvent naissance à des comportements égoïstes et irrespectueux.

Il y a aussi les passages où la chimie est bonne, où la passion prend le dessus et guide les instincts. Se posent alors les questions des sentiments, la possibilité d’une relation et le développement des émotions, qui ne sont malheureusement pas toujours réciproques. Alors se posent les questions sur l’attachement, l’engagement et l’amour.

Bref, l’autrice dresse une multitude de « tableaux vivants »  décrivant les pérégrinations sexuelles et émotives d’une femme qui, au fond, cherche simplement l’amour.

Cela fait plusieurs histoires où vous donnez le meilleur de vous-même et que cette beauté n’est pas reçue. Tout de même, il ne faudrait pas y laisser votre peau. (p. 89)

Je marche lentement rue Beaubien, imaginant ma conversation avec celui qui, après cinq mois de fréquentation, m’appelle à l’occasion chérie. Celui qui dit que sa vie manque de couleurs et que j’idéalise l’amour. Il m’expose de cent façons que je ne suis pas sa priorité. (p. 109)

  • Autrice : Corinne Larochelle
  • Éditeur : Cheval d’août
  • Date de parution : mars 2019
  • Nombre de pages : 126 pages

Crédit photo : Françoise Conea

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