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Polatouches

Polatouches

Auteure établie, Marie Christine Bernard signe, avec Polatouches, son huitième roman. Avec son précédent roman, Matisiwin (2015), l’auteure abordait la transmission de l’identité de femme en femme au sein d’une communauté autochtone. Avec Polatouches, l’auteure reprend ce thème de l’identité, mais à travers ce difficile parcours individuel d’acceptation puis d’affirmation de soi.  

Cette quête est d’abord portée par Stéphanie, jeune femme non-Autochtone qui enseigne aux adultes sur une réserve dans le Nord. Depuis plusieurs années, elle partage sa vie avec Josée, une femme Autochtone élevée par des Blancs. Si Josée refuse tout lien avec ses origines autochtones, elle assume pleinement son homosexualité et est prête à s’engager et fonder une famille avec Stéphanie. Or, cette dernière, apeurée par le jugement des autres – et plus particulièrement la perte de l’amour de ses parents – refuse d’afficher ouvertement son amour. Un soir, la situation dégénère et Stéphanie plie bagage pour aller passer une semaine dans le chalet de ses parents, loin en forêt où la seule compagnie est le bruit des arbres…ou est-ce vraiment la seule compagnie ? Rapidement, la jeune femme fera connaissance avec ses voisins. Puis Claude, son ami de toujours, Autochtone à qui on a toujours menti sur ses origines et qui, au fil de lectures, tente de reprendre contact avec cette culture qui est sienne, lui rend visite. Ensemble, ils observent ces voisins dont le comportement devient de plus en plus étrange. Mais au départ de Claude, se retrouvant seule face à ses questions, sa peine et les longues nuits hivernales, Stéphanie se rapprochera de ces voisins…un peu trop proche.

Avec Polatouches, Marie Christine Bernard entremêle brillamment trois quêtes d’identité se situant aux frontières entre les identités de genre et l’appartenance à une communauté. Loin d’être unidirectionnelle, l’évolution des personnages avance puis recule, dénotant de la compréhension de l’auteure quant à la complexité de ce type de développement personnel. L’articulation d’une seconde histoire parallèle – qui est davantage ancrée dans la communauté autochtone – ajoute une dimension à ce désir de se trouver, autant pour Stéphanie que pour ses deux amis qui peinent à connecter avec une culture qui devrait être la leur – mais dont ils ont été trop tôt séparés. L’auteure utilise des métaphores bien construites qui permettent de lier chacune des histoires, autant celle de Stéphanie que celles qui s’articulent autour d’elle, soulignant en même temps l’importance de cette connexion avec son identité et son acceptation de celle-ci.

  • Auteure : Marie Christine Bernard
  • Nombre de pages : 232 pages
  • Date de parution : 19 mars 2018
  • Éditeur : Stanké


Crédit photo : Andréanne Bissonnette

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