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Pascale Montpetit et la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur

Pascale Montpetit

Depuis 1995, le 23 avril a été proclamé la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur par l’UNESCO. Pour l’occasion, des activités sont organisées partout au Québec et au Canada francophone du 21 au 24 avril prochain. L’actrice et comédienne Pascale Montpetit est la porte-parole de cette édition 2017 et elle a accepté de répondre à nos questions sur la place qu’occupe la littérature dans sa vie.

D’où te viennent le goût de la lecture et l’amour des livres ? (une personne, un lieu, un moment déclencheur dans ta vie…)

Avant d’aimer la lecture, j’ai aimé les mots. J’aimais les livres cartonnés avec UN mot et UN dessin par page… Ça me suffisait pour rêver. Pour moi, les mots avaient une couleur, une texture, une odeur, un goût, une vie propre.

Des années plus tard, j’ai entendu mon père dire un vers de Paul Éluard :

« la terre est bleue comme une orange »…

Ça m’avait fortement impressionnée. On avait donc le droit de dire ça, d’écrire comme ça. J’ai entrevu les possibilités du langage et ça m’a émerveillé.

J’ai commencé à lire pour vrai seulement à partir de mes années au cégep. Avant cet âge, je n’étais pas du tout une lectrice, contrairement aux autres membres de ma famille, tous des lecteurs voraces…

Quel est le style littéraire que tu préfères ? Pourquoi ?

J’aime beaucoup les récits et l’autofiction. D’une façon générale, ce n’est pas tant l’histoire racontée avec ses péripéties qui m’intéresse, comme le style de l’auteur et son regard sur les choses.

J’ai peut-être une préférence pour les œuvres intimistes ou tournant autour de peu de personnages.

Peux-tu nous donner la liste des 5 livres incontournables de ta vie ?

Les livres incontournables l’ont été parce qu’ils sont tombés au bon moment.

En fait, j’ai envie de nommer plutôt des auteurs parce que c’est autour d’auteur-e-s que mes préférences se concentrent.

Il y a eu tous les romans et la poésie de Boris Vian pour sa fantaisie débridée et ses jeux de langage.

Henry Miller et Ernest Hemingway m’ont fascinés au début de la vingtaine. Des expatriés qui semblaient s’accorder toute liberté, tout en étant pris par des questionnements existentiels en filigrane.

Romain Gary est un coup de foudre et son charme opère sur moi à travers tous ses livres.

Dany Laferrière m’a fait voyager jusqu’en Haïti tellement je me suis laissée absorber par son écriture. J’ai voulu lire ensuite tous ses auteurs préférés. Le voyage n’est pas terminé !

Récemment, Violette Leduc m’a fait chavirer avec sa prose d’une franchise et d’une poésie magnifiques.

Caresses-tu le rêve d’écrire aussi un jour ? Pourquoi ?

J’ai une excuse toute prête (et qui ne vaut rien) pour ne pas écrire : j’ai lu trop de bons livres.

Je ne suis pas habituée à initier mes propres projets comme actrice, et il faudrait que ça vienne de l’extérieur, sous forme de commande ou de provocation.

Peut-être que je suis tout simplement une lectrice, et pas une auteure.

Cela dit, je crois que tout le monde a au moins une histoire à raconter : la sienne.

Quelle place occupe la lecture pour ta fille et toi ?

Nous avons une fille de 8 ans à qui je lis des histoires depuis qu’elle est en âge de parler. Je vois qu’elle est très influencée par les illustrations dans ses choix de lecture. Les maisons d’édition pour la jeunesse qui soignent cet aspect sont vraiment plus susceptibles d’intéresser des jeunes lecteurs comme ma fille. En ce moment, nous sommes dans la Comtesse de Ségur. On a lu des Caroline, des Martine, des Ratus….En fait, on écume la bibliothèque du quartier où on va très régulièrement.

En tant que porte-parole de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur, quel message aimerais-tu donner à ceux qui ne lisent pas, à ceux qui sont peut-être intimidés par les livres ?

Ayant moi-même peu lu avant vingt ans, je leur souhaite la grâce de lire le bon livre au bon moment. Celui-ci peut leur être recommandé par quelqu’un qui les connaît bien et en qui ils ont confiance. Sinon les libraires sont de bon conseil … Comme un roman de Daniel Pennac est un bon choix pour commencer.

Et à ceux qui lisent déjà beaucoup ?

Je les encourage à s’adonner à leur vice ! Tous ces moments où on se retire de l’agitation du monde pour lire sont bons pour la tête, le cœur, l’âme ou les trois à la fois, n’est-ce pas ?

Crédit photo : Monic Richard

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