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Luc Simard : bibliothécaire

Luc Simard

C’est au H8S Bar à café que j’ai eu la chance de rencontrer Luc Simard. Étant copropriétaire, j’y vais pour ma bonne dose de caféine tous les matins et j’y ai souvent croisé Luc savourant son américano.

Au fil des discussions, les baristas et moi nous sommes rendus compte que Luc était bibliothécaire retraité. Nous l’avons dès lors interrogé pour des suggestions de lecture et il s’est prêté au jeu avec sa bonne humeur et son exubérance habituelle.

Lorsque nous avons eu l’idée d’ajouter une section Portraits de Lecteurs  sur le blogue, Luc est la première personne qui nous est venue à l’esprit.

Nous nous sommes donc rencontrés devant un café par un beau matin d’automne pour discuter littérature.

Son amour pour la lecture lui vient très tôt. Luc n’est pas gêné de le dire, il était un enfant « smatte ». Il savait lire avant de commencer l’école, et lisait tout ce qui lui tombait sous la main. Sa mère a même dû cacher deux énormes encyclopédies médicales qu’il dévorait plutôt que d’aller jouer avec ses amis.

C’est ensuite au Collège de Montréal, vers 11 ans, qu’il a une révélation en voyant Père Lussier ranger des livres par un après-midi ensoleillé. Il sera bibliothécaire.

Il poursuit donc des études françaises en littérature et fait une maîtrise en bibliothéconomie. Il débute ensuite sa carrière à la Bibliothèque Nationale du Canada (maintenant Bibliothèque et Archives Canada).

Il devient spécialiste de catalogage, c’est-à-dire qu’il s’assure que les livres soient facilement retrouvables. J’en tire la conclusion que Luc est l’équivalent de Google pour les livres, et lui de me répondre que Google aurait justement besoin d’une meute de bibliothécaires pour bien cataloguer toute l’information qui y est offerte

Il est aussi spécialiste du ISBN (International Standard Book Number), ce code barre à chiffres qui se trouve derrière chaque livre et qui a une signification. On y trouve, dans l’ordre :

  • Trois premiers chiffres (toujours 978) qui sont un peu l’équivalent d’un code régional (comme le 514 ou le 450)
  • Un chiffre qui identifie la langue du livre (0 ou 1 pour l’anglais, 2 pour le français, etc.),
  • Un nombre identifiant la maison d’édition,
  • Un nombre unique identifiant le titre

 

Crédit photo: Luc Simard

Crédit photo: Luc Simard

Suite à cette discussion sur son parcours professionnel, je le questionne enfin sur ses lectures préférées et c’est à ce moment que Luc s’emballe vraiment. Il me lance titre après titre et me donne envie de tout lire. Voici quelques ouvrages dont il m’a parlé :

Mme Bovary, Gustave Flaubert, 1856

« Je l’ai lu au moins vingt fois! L’histoire est un peu poche, l’héroïne est un peu nunuche, mais le langage est magnifique. C’est scandé et ciselé, comme de la poésie. Chaque phrase est parfaite. Je ne peux m’empêcher d’en lire des passages à haute voix. En revenant chez moi plus tard, j’en lirai sûrement quelques passages et je finirai probablement par relire le livre au complet encore une fois »

L’œuvre de Yves Navarre (1940-1994) 

« Ce grand écrivain français était homosexuel et, à l’époque où je l’ai découvert, ce fut une révélation pour moi. C’était la première fois que quelqu’un mettait des mots sur ce que je vivais et encore aujourd’hui, je peux affirmer que ces lectures m’ont énormément marqué. »

L’avalée des avalés, Réjean Ducharme, 1966

« Une autre lecture à l’âge de l’adolescence qui m’a touché. D’ailleurs, on ne sait jamais quand un livre va nous atteindre. »

Opération Napoléon, Arnaldur Indridason, 2010

« J’ai une fascination pour l’Islande et c’est un excellent polar islandais. »

 

Crédit photo: Valérie Léger

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