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L’odeur du gruau

On a tous ce café qui fait partie de notre quotidien, où l’on va pour notre source de réconfort préféré et où l’on y discute avec les baristas. On sait ce qui s’y déroule à un certain moment, mais que se passe-t-il après notre départ ? Alexis Rodrigue-Lafleur utilise l’espace d’un café, où le va-et-vient est constant, mais où les amitiés se créent, pour explorer le parcours d’un groupe de six amis, à travers trois périodes temporelles. L’auteur signe avec L’odeur du gruau son premier roman, après une carrière en muséologie. 

Se déroulant principalement dans une grande ville, qu’on imagine aisément être Montréal, mais qui pourrait se trouver ailleurs, l’histoire suit six protagonistes en 2009, 2018 et 2028. Lorsqu’on rencontre les personnages, ils ont 20 ans et gravitent tous autour d’un café, que ce soit en tant qu’employé.e.s ou client.e.s fidèles. Les aléas des amours et de l’amitié à un moment charnière de notre vie définissent ce qui se transformera, à travers les deux autres périodes temporelles, en de solides amitiés qui résisteront, parfois tant bien que mal, aux défis du temps, de la distance, du deuil, des peines d’amour et des nouvelles rencontres. L’odeur du gruau est un roman en douceur qui nous plonge dans un univers qui aurait pu être le nôtre, qui aborde des questionnements, des situations et des problématiques auxquelles on a pu faire face – ou auxquelles on pourrait faire face dans le futur. La force de l’amitié pure porte à la fois les interactions entre les personnages et l’ensemble de ce roman. 

Lire L’odeur du gruau, c’est à la fois être enveloppé d’une douce couverture de pureté et laisser couler quelques larmes parce que toute relation vient avec son lot de défis, individuels et collectifs. Grâce à une écriture par étape, Alexis Rodrigue-Lafleur réussit à offrir des réponses tout en donnant l’impression qu’on a des photographies de certains moments dans ces six vies, mais qu’il manque un début et une fin, comme une succession d’extraits qui, ensemble, créent une histoire, mais qu’il y a des entre-deux qui restent mystérieux, à découvrir, dans lesquels on peut s’imaginer ce qui se passe, selon notre propre vécu. L’odeur du gruau, que j’ai dévoré en un soir, est une première incursion réussie dans le monde de la littérature pour Alexis Rodrigue-Lafleur.

  • Auteur : Alexis Rodrigue-Lafleur
  • Nombre de pages : 241 pages
  • Date de parution : 2019
  • Éditeur : L’interligne 

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