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Le plongeur

Dans Le Plongeur, premier roman de Stéphane Larue, on suit l’histoire d’un jeune homme, étudiant en graphisme au cégep, qui a un problème de jeu. Il joue aux machines à sous dans les bars et perd non seulement tout son argent, mais aussi celui des autres. Ayant des dettes envers plusieurs de ses amis, il doit impérativement se trouver un emploi et se retrouve plongeur dans un restaurant branché du Plateau, à Montréal.

Spécialement pour cet article, Page par Page vous offre deux points de vue sur ce roman. En effet, le hasard a fait en sorte que deux de nos collaboratrices l’ont lu en même temps et elles ont ainsi décidées d’en faire un article conjoint.

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Pourquoi avoir lu ce roman?

JEANNE: De prime abord, ce roman ne m’intéressait pas. Les univers du jeu compulsif et de la restauration ne m’attiraient pas tant que ça. Je me le suis fait conseiller par des amis libraires plusieurs fois avant de finalement prendre la décision de m’y plonger. Je me suis dit qu’il fallait que je lise des livres différents de ceux que je lis normalement.

FRANÇOISE : Lors de ma visite au salon du livre de Montréal 2016, j’ai eu la chance de discuter quelques minutes avec Félix qui travaillait au stand des éditions Le Quartanier. En lui demandant des suggestions de lecture parmi leurs nouveautés, il m’a tout de suite mis Le plongeur entre les mains, sans hésitation. Lorsqu’il m’expliqua qu’une grande partie de l’intrigue se déroulait dans les cuisines d’un restaurant, j’ai immédiatement été séduite par l’idée de redécouvrir grâce à la littérature cette ambiance que je connais si bien, ayant moi-même travaillée en restauration pendant plus de 10 ans.

Qu’avez-vous aimé?

JEANNE : J’ai d’abord été séduite par la plume de Stéphane Larue. Pour un premier roman, c’est très impressionnant ! On ressent très bien les émotions du personnage, sa détresse, son adrénaline. L’auteur décrit les scènes d’une manière si exacte qu’on se sent vraiment dans la tête du personnage. On vit les moments de rush au restaurant avec lui. C’est d’ailleurs les scènes au restaurant que j’ai le plus appréciées, aucun détail n’était oublié et ça m’a fait découvrir cet univers.

FRANÇOISE : Les descriptions de l’atmosphère et des personnages hauts en couleur qui caractérisent les moments de rush dans un restaurant. L’ayant moi-même longtemps vécu, je vous assure que Stéphane Larue rend très bien les émotions que l’on ressent dans ces moments chaotiques. J’ai aussi beaucoup aimé la façon dont l’auteur nous transmet l’urgence, l’euphorie et la détresse qui accompagnent immanquablement la dépendance, dans ce cas-ci la dépendance au jeu. À certains moments, j’avais moi-même le goût d’aller essayer ces fameuses machines à sous que je n’ai jamais touchées de ma vie et à d’autres occasions, au fil de ma lecture, ces mêmes machines me faisaient terriblement peur de par l’engouement qu’elles semblent inévitablement créer chez le joueur.
Qu’avez-vous moins aimé?

JEANNE : Le livre se passe au début des années 2000 alors on retrouve beaucoup de références populaires à cette époque, par contre, je suis trop jeune pour pouvoir bien m’y reconnaître. Par exemple, je ne suis pas sortie dans les bars où se retrouvent les personnages et je n’ai pas écouté la musique dont ils parlent. Quelqu’un qui était un jeune adulte au début des années 2000 devrait mieux apprécier ces aspects que moi. Je ne suis pas fan de métal non plus, un amateur de cette musique va beaucoup se reconnaître dans ce livre !

FRANÇOISE : Ce n’est pas tant un aspect que j’ai moins aimé qu’un élément auquel je me suis moins identifiée. Mis à part une phase de deux ou trois ans durant mon adolescence pendant laquelle je me suis satisfaite de classiques comme Metallica, Iron Maiden ou Megadeth, je ne connais pas beaucoup l’univers de la musique métal. Celle-ci est omniprésente tout au long du récit et j’ose croire qu’une personne qui s’y connait mieux saurait apprécier davantage les nombreuses références aux groupes et chansons dont fait mention l’auteur.

  • Auteur : Stéphane Larue
  • Éditeur : Le Quartanier
  • Date de parution: 24 octobre 2016
  • Nombre de pages : 568 pages
  • ISBN : 9782896982721

Crédit photo : Françoise Conea

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