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Le paon, le cobra et la sorcière

Le paon, cobra et sorcière

Haptonomie. Rien ne sert d’interroger Google. Laissez-vous plutôt transporter par la plume de Diane Vincent qui vous guidera, à travers ses personnages, vers une définition beaucoup plus large que ce que vous aura proposé votre moteur de recherche. Apprendre en lisant est un réel bonheur et l’auteure fouille ses sujets avec profondeur, ça se sent, ça se lit, ça se vit.

Ce polar est le sixième d’une série mettant en vedette un inspecteur du Service de police de la Ville de Montréal, Vincent, et une massothérapeute, Josette. La place de chacun est variable à travers la série. Cette fois-ci, le lecteur côtoie davantage Josette.

Tout au long de ma lecture, j’ai ressenti un malaise. C’est bon en soi, ça prouve que l’histoire est efficace. On se retrouve au milieu de gens qui veulent le bien des autres, qui se croient bienveillants, qui se disent à l’écoute de leur prochain, mais qui ont une attitude passive-agressive quand on leur tient tête. Au travers des expériences auxquelles Josette se prête au nom d’une enquête non officielle, j’ai tenté de comprendre comment, comme être humain, on peut se retrouver à être manipulé à son insu… ou non. Il est là en partie, le malaise. Josette sait qu’elle est manipulée, mais elle ignore la « force du mental », pour reprendre une expression populaire, du manipulateur qui la manipule. Le pouvoir réside dans un savant dosage de séduction, de vulnérabilité, de rejet… et de mots. La créativité lexicale s’entoure d’une aura mystérieuse, devient un discours pour initiés, une invitation VIP à faire partie d’un club sélect. Les convaincus savent être convaincants. Les manipulateurs, comme les mots, sont parfois troublants.

Le paon, le cobra et la sorcière. Le narcissisme, la prédation et l’art de parvenir à ses fins. Une intrigue bien ficelée dont il ne faut pas se priver.

  • Auteure : Diane Vincent
  • Date de parution : Septembre 2018
  • Éditeur : Tryptique

Crédit photo : Caroline Émond



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