Littérature étrangère Polar, Roman noir et policier

La vie automatique

la vie automatique

À cause d’une distraction de sa part, Jean Enguerrand, acteur de série B,  voit sa maison détruite par les flammes. Il n’appelle pas les pompiers. Il prend une valise à roulettes, y lance quelques vêtements et part à pied vers la gare pour aller en direction de Paris, lieu de son prochain tournage. Après quelques jours à l’hôtel où il loge sous un faux nom, il aide une femme semi-paniquée et chargée de paquets dans un métro en panne. Cette dernière s’avère être une comédienne de renom : France Rivière. Elle lui offre de partager un taxi pour enfin lui offrir de s’installer chez elle.  Jean fait alors la rencontre de Cyrus, qui semble être davantage une sorte de majordome que de conjoint, et de Charles, le fils de France, récemment sorti d’un hôpital psychiatrique et qui intrigue Jean.

Mince comme trame croirez-vous? Détrompez-vous. Cette histoire de Christian Oster est écrite comme un roman à suspense. On la lit d’une seule traite, sur le bout de sa chaise. Mais d’où vient cette tension? Il y a dans ce récit loufoque et absurde tellement de malaises, non seulement entre les individus, mais surtout et d’abord avec les personnages vis-à-vis d’eux-mêmes. Si je ne me suis pas souvent esclaffé, j’ai eu très souvent le sourire aux lèvres; un sourire un peu jaune.

Tout au long de la lecture il y a un détachement entre les humains et leurs sentiments. Les personnages ne semblent pas savoir comment vivre leurs émotions. Quelque chose qui relève un peu du monde de Kafka.  Le fait que le roman se passe dans le milieu du cinéma et du théâtre fait réfléchir à la vie d’acteur où on entretient un équilibre entre la fiction et le réel.  Le personnage de Jean, antihéros par excellence, est un maître de l’effacement et du lâcher-prise devant la fatalité. Il regarde passer la vie comme on regarde passer un train; depuis l’échec de son couple, en passant par l’éloignement de ses amitiés, la perte de son logis, jusqu’à la scène finale des plus dramatiques. Loin du désir et de l’implication, il est le spectateur de sa propre vie.

 

  • Titre : La vie automatique
  • Auteur : Christian Oster
  • Nombre de pages : 138
  • Date de parution : 2017
  • Éditeur : Les Éditions de l’Olivier
  • Provenance : Bibliothèque Saul-Bellow

Crédit photo : Richard Martel

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