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La chambre verte

La chambre verte

Dans l’univers des Delorme, une seule chose compte : le capital. Prosper, le patriarche, a montré la voie en bâtissant une maison modelée sur les plans d’une banque. Celle-ci abrite d’ailleurs une voûte où son fils, Louis-Dollard, accumule sa fortune avec une ferveur comparable à celle d’un Séraphin Poudrier. Mais le culte de l’argent ne semble pas couler dans les veines de toute la tribu. Au sein du clan, il existe au moins un être doué de bon sens, Vincent, le fils de Louis-Dollard, qui échafaude des plans pour racheter le péché d’argent de sa famille. Voilà pour la toile de fond de ce roman qui s’emploie à dépeindre les plus sombres contours de l’avarice.

Afin de vous donner un aperçu de La chambre verte, voici un extrait qui révèle la monstruosité de la mère de Vincent :

Elle confectionna un berceau pour le nouveau-né dans le tiroir d’une commode et lui tailla des langes de papier journal qui tenaient avec des pinces à linge. Elle le nourrissait au sein et le gavait du lait qu’il régurgitait afin de lui enseigner l’horreur du gaspillage dès son plus jeune âge. Elle-même buvait de cette bière très houblonnée qu’on appelle porter pour stimuler ses glandes mammaires, espérant ainsi faire durer la période de lactation pendant au moins quatre bonnes années et repousser le moment où elle devrait acheter du Pablum, la nouvelle céréale miracle qu’on donnait à tous les bébés. (p. 82)

Aussi sordide soit cette famille, on ne peut s’empêcher de suivre ses dérives avec fascination et délice. À ce compte, il faut souligner le travail de l’auteure, Martine Desjardins, qui sème dans son récit de nombreuses oasis… de rire. Celles-ci apparaissent souvent au moment où on s’y attend le moins.

 

  • Auteure : Martine Desjardins
  • Éditions : Alto
  • Date de parution : 21 mars 2016
  • Nombre de pages : 248 pages

Crédit photo : Vicki Milot

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