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Constellation : Un crash célèbre, des destins tragiques

 Assise dans un vol Sunwing en direction du Mexique, je plonge dans la lecture de Constellation d’Adrien Bosc. Plus j’avance dans le récit, plus je dois empêcher mon cerveau de s’emballer : et si lire ce roman relatant un écrasement d’avion jetait un mauvais sort sur mon vol? Cela ne ferait que s’ajouter aux nombreuses coïncidences racontées, non? J’imagine déjà les grands titres : « Le livre Constellation retrouvé dans les restes de l’écrasement du vol de Sunwing… ».

Car c’est de ceci qu’il s’agit dans Constellation : ces petites choses, ces petits détails, tous ces hasards du destin qui forment l’itinéraire des trente-sept passagers et onze membres de l’équipage qui ont péri en 1949 dans l’archipel des Açores.

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Ce crash a été à l’époque largement médiatisé : à son bord se trouvait l’amant boxeur d’Édith Piaf, Marcel Cerdan. Celui-ci avait pris place dans l’avion à la dernière minute (il devait initialement revenir des États-Unis en bateau). Du coup, un couple a été laissé en plan sur le tarmac (les célébrités comme Cerdan bénéficiaient à l’époque d’un traitement VIP). Au final, ces deux « malchanceux» ont eu le plus grand bonheur de leur vie : celui d’avoir échappé à un tragique destin.

Le vol accueillait une autre célébrité, la violoniste virtuose Ginette Neveu (pour qui le public vouait un véritable culte). On apprend beaucoup sur la vie de celle-ci. Les circonstances entourant son embarquement à bord du Constellation sont détaillées… ainsi que l’après-crash. Comment des villageois ont pillé la carcasse de l’avion et se sont emparé de son Stradivarius, comment celui-ci a été retrouvé, comment la tâche d’identification des corps peut parfois engendrer confusion sur la personne…

J’ai aimé découvrir le destin de ces deux personnalités des années 1940, mais aussi suivre l’itinéraire de l’ensemble des passagers et des membres de l’équipage. L’auteur, en racontant leur destinée, leur offre un hommage posthume. Il nous permet même de découvrir au passage deux Québécois qui étaient à bord : Guy Jasmin (rédacteur en chef du journal Canada), ainsi que sa mère, qui désirait effectuer un pèlerinage de lieux Saints en Europe (l’auteur souligne au passage qu’au Québec, « crash se dit écrasement d’avion »).

Est-ce que ce livre m’a totalement conquise? Non. J’ai parfois été agacée par les changements de tons et de style de l’auteur, et par certains apartés qui m’ont distrait du récit principal. Mais quelques semaines après en avoir terminé la lecture (je suis revenue saine et sauve de mon voyage au Mexique), l’essentiel du propos est en moi et j’y repense souvent. J’y ai découvert une foule d’histoires hors du commun. Mais surtout, je suis fascinée par l’ampleur de la recherche effectuée par Adrien Bosc, par toutes ses trouvailles qui documentent ce fait divers. Pas surprenant que ce premier opus ait été couronné de plusieurs honneurs : Grand prix du Roman de l’Académie française, Prix littéraire de la Vocation, Prix Gironde nouvelles écritures!

 

  • Auteur : Adrien Bosc
  • Nombre de pages : 211
  • Date de parution : 2014
  • Éditeur : Éditions Stock

Crédit photo : Éditions Stock

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1 Commentaire

  • vicki Milot
    Répondre
    vicki Milot
    5 janvier 2017 à 9:52

    J’embarque… Merci de la suggestion Sophie.

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