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La chaleur des mammifères

La chaleur des mammifères

L’écriture de Biz est corrosive mais ciselée. Ses mots créent instantanément une image mentale, on dirait presque du cinéma. Comme tous ses romans, on n’en fait qu’une bouchée.

L’histoire se passe en milieu universitaire, milieu peu exploité en littérature, mais ô combien fertile en situations absurdes et loufoques et en personnages disons colorés. Les frasques d’un intellectuel dopé à son propre égo, c’est comme un scénario des frères Cohen.

L’histoire se passe avant et pendant le printemps érable, une longue grève étudiante devenue synonyme de revendication. On sent d’ailleurs bien le côté revendicateur de Biz de même que ses critiques envers l’establishment. Le recul de cinq-six ans pris depuis ce mouvement nous fait voir les choses sous un autre angle. Le livre nous le fait vivre aussi de l’intérieur.

Cette histoire est celle d’un professeur, fraichement divorcé, à qui plus rien ne sourit, blasé de ses étudiants, de ses collègues, de l’ambiance du département de littérature, une microsociété à la tête de laquelle une directrice prend des décisions comme un chef d’entreprise, c’est-à-dire non pas avec la tête – encore moins avec le cœur – mais dictées par des diktats économiques. Je pense ici à une situation de plagiat particulièrement frustrante.

Cette histoire trace un pont entre deux générations contrastées que rien n’unit au départ et que tout unit par après. La formule est convenue, l’image est clichée, mais pas dans les mots de l’auteur qui a su créer une ambiance dans laquelle le lecteur est partie prenante.

Un livre à lire pour vivre l’univers des possibles, le passage des ténèbres vers la lumière. Pour les habitués de Biz, le clin d’œil aux lieux et aux personnages de ses autres romans fait l’effet d’une rencontre fortuite avec une vieille bonne connaissance. Un moment agréable.

 

  • Auteur : Biz
  • Nombre de pages : 157 pages
  • Date de parution : 2017
  • Éditeur : Leméac

Crédit photo : Caroline Émond

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