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Ça sent la coupe, le film !

Ça sent la coupe

Matthieu Simard nous a dévoilé très lentement tout le processus qui entoure l’adaptation cinématographique de son roman Ça sent la coupe au cinéma. Sur les réseaux sociaux, il saupoudrait des informations par-ci par-là : commentaires sur le travail de scénariste, questions aux lecteurs afin de savoir qui ils aimeraient voir en tant qu’acteurs principaux et ainsi de suite.

Quand le film est enfin sorti, le lent suivi avait étiré ma patience jusqu’au bout : je devais voir ce film. J’ai adoré le livre et c’est un des ouvrages que je conseille le plus à mes amis (gars, surtout, avouons-le) qui ne lisent pas beaucoup. C’est souvent un succès.

En film, est-ce que ça marche aussi bien ? Eh bien, d’abord, il faut presque oublier le livre. Un peu comme l’auteur et réalisateur français Frédéric Beigbeder a fait en 2012 avec le film L’amour dure trois ans, l’équipe derrière le film de Patrice Sauvé a pris soin de prendre une bonne distance avec le roman. C’est quelque chose d’assez positif en soi : si vous voulez avoir la même histoire que le roman… relisez-le.

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On retrouve la même trame : le personnage principal maintenant appelé Max (et non Matthieu avec deux t) vit au rythme des Canadiens de Montréal. Si l’équipe gagne, du positif lui arrive et dans les cas de disette, c’est le malheur qui s’abat. On retrouve encore sa sœur, sa blonde Julie et quelques ressemblances avec le livre, mais sommes toutes, les deux produits sont plutôt différents.

Le roman est narré à la première personne, style très utilisé par Simard en général. Dans le film, on est plutôt à l’extérieur et on se demande souvent ce que pense le personnage joué brillamment par Louis-José Houde. C’est sans doute la distance la plus importante proposée par le scénariste. Il a d’ailleurs souvent commenté ce processus qui a certainement dû le sortir de sa zone de confort.

Est-ce une bonne idée d’adapter le roman au cinéma ? Définitivement. Cela donne un souffle nouveau à l’histoire et nous permet de vivre sensiblement la même aventure, mais différemment. Les cinéastes québécois semblent souvent frileux à l’idée d’une adaptation de roman, alors que c’est souvent extrêmement intéressant.

Est-ce qu’on préfère le livre ou le film ? Dur de répondre. Ce sont deux produits qui ont leur qualité. Le film est sympathique, bien écrit, très beau et nous fait passer un bon moment, malgré ses moments de tristesse. C’est un film qu’on écoute été comme hiver, Canadiens en séries de fin saison ou éliminés. Le livre est plus comique et la plume de Simard y est davantage mise en valeur. Il est difficile de trancher entre deux très bonnes œuvres comme celles-ci.

Mais si je devais absolument trancher… je serais forcé de choisir le livre, comme toujours.

 

  • Auteur : Matthieu Simard
  • Éditeur : Stanké
  • Date de parution : 6 février 2017
  • Nombre de pages : 256 pages
  • ISBN : 9782760411999

 

Crédit photo : Patrice Sirois

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