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Une incroyable rencontre avec deux bédéistes chez Gallimard : Étienne Davodeau et Jean-Sébastien Bérubé

La maison Gallimard de Montréal organisait, le 6 avril dernier, une rencontre avec deux auteurs-bédéistes : Étienne Davodeau, auteur bien connu de Les ignorants (article à lire ici) et lauréat du prix du public au Festival d’Angoulême 2016 pour Cher pays de notre enfance et Jean-Sébastien Bérubé, étoile montante de la BD québécoise et auteur d’un tout nouveau livre relatant son voyage au Népal et au Tibet et son étonnement vis-à-vis des différentes interprétations du bouddhisme. Page par Page a eu la chance d’être convié à cette rencontre et j’ai eu l’immense plaisir d’en être le représentant.

Se déroulant dans une atmosphère très conviviale, la rencontre nous a permis d’en savoir plus sur le parcours d’Étienne Davodeau, son approche du travail, comment il perçoit le potentiel d’une histoire et du livre qui pourrait en être tiré. Prenant comme exemple Les ignorants il a partagé plusieurs anecdotes, nous a décrit le déroulement du projet, ses doutes au cours des premières semaines, puis le déclic suite à la rencontre entre Richard Leroy et Jean-Pierre Gibrat. Il nous a également parlé de son projet en cours : il réalisera le premier tome d’une série originale sur l’histoire de France. Il mettra en relation des personnages historiques très réels, dans un contexte improbable rendu possible par la BD. Gageons que cela amènera une réflexion intéressante sur l’identité nationale et le monde d’aujourd’hui (parution prévue à l’automne 2017).

De son côté, Jean-Sébastien Bérubé nous a fait part de son parcours inusité. Intéressé très jeune par le bouddhisme, venu à Montréal (de Rimouski et malgré les grandes réserves de son entourage) pour s’y initier et apprendre la langue tibétaine, puis voyageant au Népal et au Tibet en 2005, ce n’est que dernièrement qu’il s’attela à parler de son voyage, de ses découvertes, de ses surprises et de ses rencontres (pas toutes bonnes mais toutes instructives). Son livre, paru en février 2017, s’inscrit admirablement bien dans l’éclosion de la BD comme moyen pour partager, instruire et transmettre des histoires et des témoignages que d’autres formes d’art ne pourraient que plus difficilement communiquer. Le parcours de Jean-Sébastien est également un parcours empreint de courage: confronté aux difficultés causées par le bégaiement, il a tout de même persévéré dans son apprentissage du tibétain. Et, lors de la création de son tout dernier livre, souffrant d’une tendinite sévère à l’épaule, il a été obligé de revoir sa posture, sa façon de tenir son crayon, bref sa manière de dessiner et donc de travailler. La qualité de Comment je ne suis pas devenu moine (dont nous reparlerons dans une prochaine chronique de Page par Page) n’en est que plus remarquable et appréciable.

Bref, une rencontre avec deux artistes qui savent partager leur enthousiasme pour leur art et pour toutes ses possibilités et qui permettent à la BD de s’émanciper de la perception qu’elle n’est destinée qu’aux jeunes et aux comiques.

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