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Une dose d’humanité

L'angoisse du poisson rouge

Mon rapport au roman choral est polarisé : j’abhorre ou j’adore. Telle une junkie, je quête les bons titres pour retrouver le fix parfait, celui des premiers amours à jamais perdus. Et comme l’amour, je suis plus souvent déçue qu’enchantée. Parmi les «hits» heureux se retrouvent La canicule des pauvres de Jean-Simon Desrochers, Autour d’elle de Sophie Bienvenue et Le mur mitoyen de Catherine Leroux. Et voilà que j’ajouterai dans cette liste de mes incontournables choral:  L’angoisse du poisson rouge de Mélissa Verreault, troisième livre pour cette écrivaine, mère de triplées (je conçois bien que cette information est superflue, mais en tant que nouvelle maman, je lui voue un certain culte).

L’angoisse du poisson rouge met en scène une jeune trentenaire, Manue, qui perçoit sa vie comme un mauvais film américain et qui accumule les histoires d’un soir pour alimenter son propre mythe. Je relis mon amorce de résumé et je vous entends déjà me dire : «Pas une autre trentenaire désabusée.» Je reprends donc mon résumé. Manue, jeune trentenaire, ne croit pas vraiment à l’amour, mais aime la vie. Elle fera la rencontre de Fabio, bel immigrant italien (bon, ça sonne encore cliché), alors qu’elle cherche désespérément son poisson rouge (oh, vous êtes surpris). S’insère dans ce récit celui de Sergio, soldat de la Seconde Guerre mondiale, qui se bat pour sa survie dans un camp de travail en Moldavie. L’histoire se centrera tour à tour sur une bouchée de la vie de ces trois personnages.

Le regard que pose Mélissa Verreault sur ses personnages est rempli de tendresse, voire d’humanité. Une aura d’authenticité les habite, ils sont véritablement beaux à voir évoluer. L’auteure a une réelle facilité à dépeindre des situations banales pour les rendre touchantes et vraiment très drôles, moi qui suis un public exigeant lorsqu’il est question d’humour. L’écriture de Verreault est habile, les phrases sont construites avec attention, avec précision. Rien de surprenant dans cette histoire, pas de revirements rocambolesques ni de finale renversante, seulement des vies bien ordinaires qui se terminent par une fin.

  • Auteur : Mélissa Verreault
  • Nombre de pages : 446 pages
  • Date de parution : août 2014
  • Éditeur : La Peuplade
  • Provenance du livre : Librairie Renaissance

Crédit photo : Karine Villeneuve

 

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