Poésie Quoi lire?

Un peu de poésie

J’ai (malheureusement) boudé longtemps la poésie, la jugeant non accessible. Je suis donc heureuse de découvrir des livres qui permettent d’introduire ce genre littéraire à un lectorat jeunesse et, dans le cas qui nous concerne, aux ados et pré-ados. Je vous propose ici quelques livres qui sauront, je l’espère, convaincre les plus récalcitrants. 

Comme un ouragan de Jonathan Bécotte 

Le narrateur détient un secret. Une vérité, une certitude, qui l’ébranle. Au fil des pages, on suit l’ouragan intérieur généré par la volonté d’affirmer haut et fort son orientation sexuelle.  

Elle n’a cependant aucune idée 
de la puissance de la tornade 
que je garde, embouteillée dans mon cœur. 
C’est un tsunami, un typhon, 
dans ma poitrine cadenassée. 

– p. 35

Comme un ouragan est le premier titre de la collection UNIK paru chez Héritage jeunesse. Cette nouvelle collection mise sur un graphisme dynamique qui suit la trame narrative et enrichit l’expérience de lecture. Les caractères sont parfois gros, parfois petits. Les mots ondulent ou s’espacent. Le texte va dans tous les sens. La prose semble aussi ébranlée que le narrateur, ce qui ne manque pas de chambouler le lecteur. La lecture est guidée par les aléas du graphisme, ce qui en fait une lecture dynamique et vivante. Outre le graphisme original, notons la plume toujours aussi humaine de Jonathan Bécotte. Après Souffler dans la cassette et Maman veut partir (Léméac), je retrouve son écriture avec plaisir.  

  • Date de parution : novembre 2020 
  • Éditeur : Héritage jeunesse 

Colle-moi de Véronique Grenier 

Dans Colle-moi, on retrouve un jeune garçon qui narre la douleur et la peine que la séparation de ses parents a créée en lui, tout autour de lui. Il cherche l’amour en se disant que ce n’est pas possible qu’il soit disparu. Et si l’amour que ses parents ont pour lui disparaissait ? Est-ce que cela se peut? 

Pendant ce temps là, je me sens un peu mal, 
mais me semble que j’ai droit 
d’avoir de la peine 
des larmes, 
une colère bien à moi.

– p. 20 

Comme toujours, il y a quelque chose de tendre et de vrai dans l’écriture de Véronique Grenier. La poésie de l’autrice réussit à transposer l’incompréhension de l’enfant ainsi que les phases d’acceptation de cette rupture familiale pénible. Elle nous perce le cœur et nous donne envie d’envelopper le personnage d’une étreinte remplie d’amour. Bien que le narrateur semble jeune, les plus vieux ressentiront aussi intensément les vives émotions transposées sous forme de poèmes. 

  • Date de parution : août 2020 
  • Éditeur : La courte échelle 

J’ai appris ça au cirque de Baron Marc-André Lévesque 

Baron Marc-André Lévesque nous plonge dans la réalité un peu tristounette d’un ado quelque peu blasé. Il s’ennuie sur les bancs d’école. Son avenir est difficilement imaginable. Ses activités parascolaires lui permettront de mieux se comprendre et de tisser des liens qui lui insuffleront un brin de motivation. 

[…] ce niaisage-ci n’a qu’un seul règlement : 
À aucune des questions sous aucun prétexte 
Est-il possible de répondre par 
Eille ça dépend, là, attends minute 
Cette option n’est nulle part 
Aucune case d’incertitude […] 

– p. 21 

Nul doute que plusieurs ados se reconnaitront dans ce recueil de poésie qui nous rappelle certaines des étapes du secondaire. Baron Marc-André Lévesque a sa manière bien à lui de mettre en mot les sentiments que l’on ressent face à l’école, à l’ennui, aux rêveries. On sent au fil des poèmes que le narrateur grandit, se découvre, se comprend un peu plus. Encore une fois, la poésie est accessible et rend le quotidien imagé. 

  • Date de parution : août 2020 
  • Éditeur : La courte échelle 

Crédit photo : Noémie Philibert-Brunet

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