Littérature québécoise

Rien n’est trop beau pour les gens ordinaires

Rien n'est trop beau pour les gens ordinaires

Il m’a fallu quelque temps pour me faire aux curieux personnages que nous propose Marina Lewycka, mais une fois qu’on accepte de s’immerger dans l’univers improbable de cette écrivaine d’origine ukrainienne, on s’y plaît.

La faune qu’elle campe dans ce roman satirique se compose de vieilles dames disjonctées autour desquelles gravitent un perroquet, des caïds slaves et quelques bonnes pâtes comme Berthold (Bertie) Sidebottom, un acteur londonien à qui tout arrive.

Tout commence par la mort de Lily, sa mère. Le pauvre homme se retrouve donc du jour au lendemain seul dans l’appartement qu’il partageait avec elle à Madeley Court. Pour ajouter au malheur, il doit défendre bec et ongles son logis convoité par une bonne partie de sa parenté. Mais la personne qu’il craint le plus, c’est l’agente de logement social, qui pourrait l’évincer de son nid si elle apprenait qu’il y vit seul.

Afin d’éviter de se retrouver à la rue, il décide de prendre une nouvelle logeuse. C’est ainsi qu’entre en scène Inna, une vieille Ukrainienne un peu confuse qui cuisine de drôles de plats et meuble de ses histoires les heures grises de Bertie. Dans une langue colorée, elle lui raconte son passé de misère à Odessa, dans les années 40, alors que la ville était assiégée. Ces pages, un peu plus sobres du roman, sont sans doute aussi les plus touchantes.

Outre ces drôles d’oiseaux, Rien n’est trop beau pour les gens ordinaires nous fait aussi entrer dans l’univers de Violet, la jeune voisine de Berthold. Cette Kenyanne fraîchement débarquée à Londres n’a pas son pareil pour flairer les arnaques et ne mettra pas beaucoup de temps à détecter le souffle mauvais des promoteurs immobiliers qui tentent de mettre la main sur le complexe de Madeley Court.

Voilà donc la trame de ce livre foisonnant de rebondissements qui, contrairement à ce que son titre laisse entendre, n’a vraiment rien d’ordinaire.

  • Auteure : Marina Lewycka
  • Éditeur : Alto
  • Année de parution : 2017
  • Nombre de pages : 468 pages

 

Crédit Photo: Vicki Milot

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