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Queen KA – Chrysalides

Queen-Ka Chrysalides

Je suis tombée amoureuse.

Je suis tombée amoureuse de ses mots, de ses vertiges ; de sa simplicité forte, puissante et profonde. Je suis tombée amoureuse de cette réalité qu’elle décrit, calquée sur un quotidien à la fois vide et rempli ; un quotidien chargé de sens qui rend beau et laid, en écho ou en même temps, les passages d’une vie.

Je suis tombée amoureuse de la poésie de Queen KA.

Je la connaissais, vaguement. Je connaissais sa sœur, son héritage. Et surtout ce vidéo qu’elle a publié en 2012 où, en slam, elle décrit parfaitement cette dualité identitaire qui résulte d’une binationalité, à cheval entre deux pays, entre deux cultures. Entre préjugés et généralisation. Ce vidéo m’avait percuté à la fois par sa pertinence et sa justesse et à la fois par l’utilisation des mots et des rimes qui, mis en slam, deviennent musique.

Il y a un mois, lorsque Michelle Corbeil, la directrice du Festival international de la littérature de Montréal, m’a parlé d’elle et de son spectacle Chrysalides, présenté dans le cadre de la 22e édition du Festival, j’ai fait mes petites recherches. Lu des articles, lu ses écrits. Revu sa vidéo.

Je l’ai aimé. Sans équivoque. Instantanément. Mais c’était avant de la voir sur scène. Avant d’entendre avec poigne et fureur, ses mots mis en scène magnifiquement par Yann Perreault et sur fond de musique électro. Je suis tombée amoureuse.

La poésie de Queen KA me parle. Elle trouve écho à mes questionnements, mes déchirures, mes amours et mes réflexions. J’étais avec ma mère lors du spectacle ; elle l’a adoré, mais moi, j’en pleurais. Des larmes de force, de beauté, de témérité. De sensibilité.

Vraie. Sans envolées lyriques. Juste vraie.

 

« écrire sur nous

sans faire du quétaine

ni sucré

sans donner

mal au cœur

écrire que ça marche à notre façon

écrire sur nos cadeaux d’oreillers

quand on se déballe notre journée

qu’on tente d’éteindre la lumière

et que le sommeil nous stresse pas

parce que demain personne risque de partir sans dire bye

[…]

écrire

sur le beau sur la suite

parce que des fois

savoir dire

oui ça va bien on tient la route

on fait notre bout de chemin

ça se peut aussi

peut-être

j’imagine

je sais pas

parce qu’écrire sur le beau

c’est la première fois que je fais ça. »

La plume de Queen KA est forte et belle. L’entendre fût pour moi, une révélation. Et il me semble bien que ce « pétillant qui est encore dans tes yeux ; un 7 Up jamais flat », c’est exactement les mots que j’utiliserais pour décrire mon état actuel, après cette révélation.

À lire. À découvrir.

 

Crédit photo: Mylène De Repentigny

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