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Pilleurs de rêves

La vie comme nous la connaissions n’existe plus. La nature se déchaîne, des guerres éclatent et les hommes cessent de rêver, ce qui mène l’humanité au chaos. Seuls les peuples autochtones ont conservé cette faculté indispensable qui nous permet souvent de garder espoir. Ils sont alors poursuivis par des recruteurs du Gouvernement afin d’être envoyés dans des pensionnats où leurs rêves seront prélevés. Frenchie, jeune adolescent, se cache dans les bois avec sa famille recomposée. Ensemble, ils survivent, mais vient un temps où survivre ne suffit plus.  

Derrière beaucoup d’action et sous le couvert de la science-fiction, l’autrice métisse Chérie Dimaline réussit à partager avec son lecteur une partie de son histoire. Pilleurs de rêves est un roman d’anticipation avec une petite touche de roman historique. Le parallèle entre les pensionnats de ce roman dystopique et les pensionnats autochtones, ayant existé pendant plus de 100 ans au Canada, est sans équivoque. La frayeur et l’anarchie poussent l’homme à reproduire les erreurs du passé. Les autochtones se retrouvent emprisonnés et dépourvus de leur essence même. Comme dans bon nombre de livres post-apocalyptiques, une majorité d’êtres humains perdent leur humanité et la noirceur obscurcit leurs actions. 

Pilleurs de rêves ne fait pas exception à la règle. Cherie Dimaline n’hésite pas à décrire la laideur. Elle ne ménage pas son lecteur. Certains extraits sont durs, mais justifiés.  Ce roman s’adresse donc à des lecteurs matures, car dans ce monde post-apocalyptique le beau se fait rare. Toutefois, Cherie Dimaline réussit à en trouver. Les personnages sont beaux et la tradition autochtone nous enveloppe. Les relations entre les membres du clan sont touchantes, émouvantes. Ce roman m’a angoissée, émue et charmée. 

  • Autrice : Cherie Dimaline 
  • Date de parution : 2019 
  • Nombre de pages : 334 pages 
  • Éditeur : Boréal 

Crédit photo : Noémie Philibert-Brunet

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