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OPEN : l’autobiographie de André Agassi

Open

Il ne faut pas à tout prix aimer le tennis pour apprécier ce texte, car il dépasse largement les terrains de jeu, les matchs, et les entrainements. C’est avant tout le récit d’un homme qui apprend la vie par son métier – un homme plein de talents et de générosité, qui est poussé quotidiennement vers l’excellence.

Rédigé avec le soutien de l’auteur américain J.R. Moehringer, qui apporte un polissage romancier sublime au récit, c’est un texte riche, humain, attachant et candidement beau. Il commence par une prise de conscience épatante: André Agassi, un des plus grands champions de tennis de tous les temps, a toujours détesté ce sport. Depuis sa tendre enfance, poussé à l’épuisement par un père sévère et intraitable, le jeune André a commencé à développer son jeu et son talent inné en devenant en quelques années l’enfant prodige du tennis américain. Son ascension, au détriment des résultats scolaires et de la liberté de vivre sa jeunesse comme ses camarades, lui fait rapidement connaître les hauts et les bas de la célébrité. Alors qu’il n’est qu’un garçon comme les autres à la recherche de son identité et en quête d’acceptation, il est rapidement étiqueté comme le joueur rebelle, qui veut défier les traditions et les façons de faire (et de s’habiller) d’un sport bourgeois.  

Son style de jeu a évolué au fil des années, grâce au soutien d’entraineurs et de guides audacieux et non conventionnels. Il a été aux plus hauts sommets de la gloire et ensuite est retombé au plus creux, en devant tout reprendre du début. Son premier mariage avec l’actrice Brooke Shields, son divorce, la rencontre en fin de carrière de la championne de tennis Steffi Graff et la construction d’une relation solide, loin des projecteurs, suivi de la naissance de ses enfants, sont plus que des événements de presse people, car ils influencent directement son attitude sur le terrain et sa recherche de la perfection dans le jeu. 

De plus, alors qu’il a délaissé l’éducation scolaire au profit d’une carrière sportive prometteuse, Agassi fonde une école dans un quartier défavorisé pour offrir aux plus jeunes un parcours scolaire de premier niveau, avec la conviction que chacun couve un talent inné qu’il peut porter à l’excellence, avec le concours de la persévérance et de la passion.

La lecture d’une autobiographie porte toujours son lot d’enseignements, parfois affichés fièrement en tête de chapitre comme pierres angulaires sur lesquelles s’est formée une existence entière; d’autres fois, glissés entre les lignes, subrepticement, humblement, en semant des graines dans l’esprit du lecteur qui deviennent à mesure autant de robustes ancrages. Open fait partie de ces dernières lectures. 

Voici quelques citations marquantes:

« My father says that if I hit 2,500 balls each day, I’ll hit 17,500 balls each week, and at the end of one year I’ll have hit nearly one million balls. He believes in math. Numbers, he says, don’t lie. A child who hits one million balls each year will be unbeatable. »

« A win doesn’t feel as good as a loss feels bad, and the good feeling doesn’t last as long as the bad. Not even close. »

« Few of us are granted the grace to know ourselves, and until we do, maybe the best we can do is be consistent. »

« Freed from the thoughts of winning, I instantly play better. I stop thinking, start feeling. My shots become a half-second quicker, my decisions become the product of instinct rather than logic. »

« I tell the players: You’ll hear a lot of applause in your life, fellas, but none will mean more to you than that applause from your peers. I hope each of you hears that at the end. » 

« No matter what your life is, choosing it changes everything. »

« I’ve been cheered by thousands, booed by thousands, but nothing feels as bad as the booing inside your own head during those ten minutes before you fall asleep. »

« Older people make this mistake all the time with younger people, treating them as a finished product when in fact they are in process. »

« Big dreams, are so damn tiring. » 

« It’s no accident, I think, that tennis uses the language of life. Advantage, service, fault, break, love, the basic elements of tennis are those of everyday existence, because every match is a life in miniature. Even the structure of tennis, the way the pieces fit inside one another like Russian nesting dolls, mimics the structure of our days. Points become games become sets become tournaments, and it’s all so tightly connected that any point can become the turning point. It reminds me of the way seconds become minutes become hours, and any hour can be our finest. Or darkest. It’s our choice. »

« Only boxers can understand the loneliness of tennis players – and yet boxers have their corner men and managers. Even a boxer’s opponent provides a kind of companionship, someone he can grapple with and grunt at… In tennis you’re on an island. Of all the games men and women play, tennis is the closest to solitary confinement. »

« What you feel doesn’t matter in the end; it’s what you do that makes you brave. »

  • Titre: OPEN: an autobiography
  • Auteur: André Agassi
  • Éditeur: Alfred A. Knopf
  • Nombre de pages : 388 pages

Crédit photo : Camilla Sironi

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