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Les rois mongols

Les rois mongols

Les rois mongols met en scène une famille montréalaise en pleine crise, une famille modeste dont les acteurs ne savent plus comment naviguer devant la mort qui se prépare et les événements d’octobre qui secouent la ville.

Réédité en 2017, pour la sortie du film éponyme, ce roman plaira sans doute à ceux qui comme moi ont vécu les années 1970. Dès les premières pages, l’auteure – Nicole Bélanger – réussit à catalyser cette époque où les familles s’entassaient après la messe dans la maison des grands-parents, avec d’un côté les cousins vaguement hippies, et de l’autre, les tantes vaguement pieuses. Entre les deux, il y avait aussi les enfants, qui formaient une bande à part, et dont les parents n’avaient cure, sauf lorsqu’il fallait les rapailler pour les ramener au bercail. C’est de ces jeunes dont il est question dans ce roman, et plus précisément de Manon, une adolescente sans peur et sans reproche, à qui tout arrive.

Pour éviter l’éclatement de sa famille, celle-ci est d’ailleurs prête à tout, même à kidnapper sa vieille voisine. S’inspirant de l’enlèvement de Pierre Laporte, Manon fomente un plan qui mettra à rude épreuve sa conscience.

Dans sa facture, ce livre rappelle un peu les Contes pour tous de Rock Demers, mais parfois aussi Les Bons débarras de Réjean Ducharme. Toute la beauté de cette histoire repose sur l’audace dont font preuve ces enfants pour rester ensemble. À lire vraiment.

Et pour vous en donner un avant-goût, voici le premier chapitre de ce roman narré par Manon.

Tout cela s’est passé à une époque pas si lointaine qu’on a appelée la Révolution tranquille. C’était tellement tranquille qu’on ne s’est pas aperçus tout de suite qu’il y avait une révolution. Dans ce temps-là, la cigarette n’était pas encore cancérigène, presque tout le monde fumait et c’était très poli d’en offrir aux autres. Les gens s’invitaient entre eux pour souper même si ce n’était pas Noël. Les familles étaient plus grandes aussi, et on avait des tonnes de cousins et de cousines avec lesquels s’amuser. On pouvait même se payer le luxe d’en détester quelques-uns, comme le cousin Denis à qui on donnait toujours le rôle du chien Macaire quand on jouait à Quelle famille. (p. 7)

 

  • Auteure : Nicole Bélanger
  • Date de parution : 2017
  • Éditions : Québec-Amérique
  • Nombre de pages : 192 pages

 

Crédit photo : Vicki Milot

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