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Les repentirs

Les repentirs

Cet automne, la maison d’édition Québec Amérique a lancé une nouvelle collection nommée III. On explique au début des romans que le chiffre III représente trois souvenirs transformés en récit. L’auteur est libre d’y ajouter une dose de fiction si le cœur lui en dit.

On joue beaucoup sur le flou entre la réalité et la fiction. Marc Séguin, auteur d’un des deux premiers ouvrages de la collection (la seconde étant Catherine Mavrikakis), s’amuse à troubler la ligne qui nous sépare de la vérité.

Dans Les repentirs, Séguin raconte trois souvenirs orbitant autour d’un amour : Arielle Murphy. Il nous raconte son enfance avec son quatuor d’amis, ses débuts avec son amoureuse et la fin de sa relation. Les émotions coulent doucement même si elles sont constamment freinées par la lucidité et le stoïcisme assumé de l’auteur. Des morts viennent ensuite hanter ce mélange à la fois doux et amer.

La plume de Séguin est une des incontournables du Québec. En racontant son quotidien adolescent, il réussit à nous émouvoir par la grâce de sa verve. On retombe aussitôt en enfance, nous-mêmes adolescents, à vivre nos premières intensités. Le livre est un transporteur avec lequel l’auteur nous amène où il veut, mais nous laisse une place à côté de lui. Nous sommes des voyeurs, mais nous reconnaissons dans ce que nous vivons avec lui.

Les repentirs sont trois récits qui nous permettent de percer un peu l’énigmatique Marc Séguin. Ou du moins, c’est ce qu’on croit, mais seul l’auteur sait où s’arrête le rêve. Le mystère est d’une violence troublante et nous hante longtemps après avoir tourné les pages. Le vide est-il plus raconteur que les mots?

 

  • Auteur : Marc Séguin
  • Éditions : Québec Amérique
  • Pages : 160 pages
  • Date de parution : 1er novembre 2017

Crédit photo : Patrice Sirois

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