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L’amie prodigieuse, tome I

L'amie prodigieuse

Un petit voyage dans le sud, pourquoi pas. En Italie. À la base du tibia, là où, si on chaussait l’Italie d’une sandale, arriverait la ganse qui ceint la cheville. Naples, précisément.

Elena Ferrante est à l’Italie ce que feu Réjean Ducharme est au Québec : un être invisible qui entretient son anonymat comme d’autres leur personnalité insipide dans les médias sociaux. Voilà pour cette écrivaine ou cet écrivain.

Cette saga est l’histoire d’une amitié entre deux jeunes filles qui prend naissance dans un quartier pauvre de Naples dans les années 50. On se demande rapidement pourquoi Lenù, la gentille, veut à ce point de l’amitié de Lila, la revêche. Lila n’est pas attachante, mais comme elle est complexe et qu’on sent toujours qu’elle mijote un coup, prépare une vengeance, qu’elle a un plan de vie à long terme, on finit par ressentir un peu d’affection pour elle. Il faut dire que le désir commun d’une vie meilleure et plus juste réussit à souder des amitiés autrement improbables. Et c’est un peu ce qui transcende les aléas de la vie dans un quartier défavorisé à une époque où des concepts comme l’intimidation, le harcèlement et l’abus sont si extraordinairement banals qu’on ne connait même pas les mots pour les nommer.

J’ai été moyennement emportée par la prose qui, à mon avis, aurait eu avantage à être entrecoupée de plus de dialogues. Vers la fin, je me demandais si j’allais prendre du temps pour lire le deuxième tome. C’est le tout dernier paragraphe (!) qui m’a offert une réponse et qui a eu raison de mon hésitation.

Je reviendrai donc à Naples prochainement en compagnie Ferrante.

À suivre.

 

  • Auteure : Elena Ferrante
  • Nombre de pages : 400 pages
  • Date de parution : 2014
  • Éditeur : Gallimard (collection Folio)

Crédit photo : Caroline Émond

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