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King Kong théorie

King kong théorie

J’ai découvert Virginie Despentes lors d’un voyage au Népal. J’étais partie pendant huit mois en Asie avec, en poche, un seul livre et je m’étais donné comme projet d’arrêter dans chaque librairie usagée que je croisais, souvent alimentée par les voyageurs et voyageuses. J’étais donc entrée dans cette petite librairie à Pokara au Népal et j’avais pris, plus ou moins par hasard, l’un de ses essais. Je ne me souviens plus très bien lequel (je redonnais les livres que j’achetais à la prochaine librairie que je croisais, faute de place dans mes bagages), mais je me souviens que son livre m’avait marqué, que je l’avais dévoré. Qu’il avait suscité de profondes réflexions. J’aimais sa franchise, sa manière crue d’évoquer, parler, crier, critiquer les inégalités, les discriminations. Le machisme. Le sexisme. J’avais aimé, profondément, son je-m’en-foutisme, sa fougue, sa révolte. Sans réserve, sans pudeur. État des faits, plaquant, d’une réalité biaisée. Baisée.

Depuis plusieurs années, les questions féministes marquent, alimentent et cultivent mes réflexions. J’en fait, notamment, un projet de mémoire. Virginie Despentes est donc revenue à moi, par la bande. Par des recommandations de lecture, par des discussions, par des réflexions notamment académiques. J’ai donc eu envie, près de six ans plus tard, de la relire et de la redécouvrir.

J’ai donc acheté King Kong Théorie.

Inégalités, discriminations. Double mesure. Pouvoir. Pression sociale.

Tabous. Relations, éducation genrées.

Viol, prostitution, pornographie.

Prises de position biaisées. Incohérences. Relations humaines falsifiées. Privilégiées.

Frustration, dégout, mépris.

Virginie Despentes ne mâche pas ses mots. Francs, directs, crus. Qui nous poussent à agir, à être. Nous contraignent, nous saignent.

Qui font grincer des dents. Qui donnent envie de hurler. Qui donnent aussi, parfois, envie de modérer, de débattre, de pousser ses réflexions, ses dires. Mais qui, surtout, transmettent un pouvoir de parole, un pouvoir de dire, qui nous revient, encore aujourd’hui, trop peu.

 

  • Autrice : Virginie Despentes
  • Éditions : LGF – Le livre de poche
  • Date de parution : 9 novembre 2007
  • ISBN :9782253122111

 

Crédit photo : Mylène de Repentigny-Corbeil

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