Littérature québécoise Pièce de théâtre

Chaque automne j’ai envie de mourir

chaque automne j'ai envie de mourir

Dans sa genèse, Chaque automne j’ai envie de mourir était un parcours théâtral déambulatoire présenté en 2009 lors du Carrefour international de théâtre de Québec et s‘appelait alors Où vas-tu quand tu dors en marchant…? Après un appel à tous, Véronique Côté et Steve Gagnon avaient alors récolté sur internet une centaine de secrets anonymes qu’ils avaient ensuite transformés en histoires courtes, devant être interprétées en cinq minutes. C’était un pari risqué que d’adapter ces nombreux monologues intimistes, susurrés à l’oreille attentive d’un très petit public (entre une et six personnes à la fois seulement) en un objet plus rigide et sans visage.

Or, ces 37 récits transformés en objet littéraire écrit au « je », se lisent comme de délicates confidences, qu’il faut prendre doucement une à une pour ne pas être trop renversé. On est assurément dans l’ordre de l’intime, mais de celui qui a une force de frappe qu’on ne soupçonne pas. Rassemblées par ordre alphabétique de titre, chacune de ces histoires forment des bouts de vie qui se racontent, comme un florilège de ce qui rassemble les individus : la perte, la solitude, l’absence.

On peut les lire les uns à la suite des autres ou au hasard des pages. Nous allons ainsi à tâtons, à la rencontre  d’autres humanités qui se devinent ou se dessinent devant nous. Certains des textes nous attendrissent, d’autres nous chavirent, certains nous démolissent. Quelques uns nous remuent de fond en comble, tant ils touchent directement au cœur de nos fragilités.

On dit qu’au Québec les gens ont rien à dire parce qu’ils parlent trop de météo. On dit n’importe quoi. Les gens parlent de météo parce que ça bouffe plus que la moitié de leur vie, et de leurs forces, parce que pendant la moitié de l’année les Québécois se battent pour pas mourir de chagrin ou d’épuisement ou de nostalgie ou d’ennui. En tout cas moi j’écoute toujours ceux qui ont envie de parler du temps qui fait, parce que ce dont ils parlent, surtout, c’est de leur impuissance. (Lapin, p. 97)

On en vient rapidement à chercher dans chacun de ces aveux transformés en récits, une part de nous-mêmes, celle plus secrète, enfouie, désertée. Et on n’est pas déçu : les secrets qui y sont dévoilés font écho à nos propres fantômes, à nos grandes déceptions, à nos peurs profondes et même à quelques déceptions. On en sort inévitablement secoué.

Une fois la lecture terminée, c’est avec douceur et tendresse qu’on dépose Chaque automne j’ai envie de mourir, sachant fébrilement que certains de ces textes s’imprègnent déjà en prenant lentement racine en nous. Un de ces rares livres qui nous habitent longtemps après l’avoir refermé.

  • Auteurs : Véronique Côté et Steve Gagnon
  • Nombre de pages : 192 pages
  • Date de parution : 2012
  • Éditeur : Éditions du Septentrion
  • ISBN : 978-2894-486863
  • Provenance du livre : Emprunté à la bibliothèque du Cégep Édouard-Montpetit

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